Ce glossaire combine des descriptions techniques des mots clefs de la réanimation et des descriptions du vécu patient, développées grâce au groupe Les REAnimés que vous pouvez contacter sur Second Life by 101
Pendant le séjour en réanimation, l’évolution de l’état de santé du patient peut conduire à s’interroger sur le bien-fondé des traitements en cours. L’absence de bénéfice attendu malgré des soins lourds et parfois agressifs pour le patient peut conduire à limiter l’utilisation de certains traitements ou à en interrompre d’autres, voire à se limiter à des traitements visant à assurer le confort. En effet, en France, l’obstination déraisonnable est interdite par la loi. Depuis 2004, et plus récemment en 2016, les lois Léonetti et Claeys-Leonetti encadrent ce qu’on appelle les décisions de « limitation et arrêt des traitements » (LAT). Ces décisions sont prises de manière concertée avec l’ensemble de l’équipe soignante, un consultant extérieur et en tenant compte des souhaits exprimés du patient et en informant précisément son entourage. Ces décisions sont réévaluées tous les jours en fonction de l’évolution de l’état du patient.
C’est l’ancienne nomenclature légale de ce qu’on appelle aujourd’hui « Obstination déraisonnable ».
Médicament de l’urgence, administré à très petites doses durant la réanimation d’un arrêt cardiaque, ou administré par perfusion, à débit continu et extrêmement précis. Sa fonction est d’améliorer le travail du cœur.
L’administration peut passer totalement inaperçue pour le patient, surtout s’il est inconscient, mais certains décrivent une sensation de « boost de la machine qu’est le corps humain », de chaleur, et parfois des maux de tête.
Lorsque les patients ne peuvent plus s’alimenter par la bouche (sédation, coma, problèmes de déglutition, etc.) on peut les alimenter par l’intermédiaire d’une sonde placée dans l’estomac voire dans certains cas l’intestin : la sonde gastrique. On parle alors d’alimentation ou de nutrition entérale (enter- signifiant estomac).
La nutrition entérale consiste donc à nourrir la personne directement dans l’estomac ou l’intestin. En réanimation, elle est utilisée quand le patient ne peut pas manger normalement, mais que son système digestif fonctionne encore.
Les nutriments (protéines, sucres, graisses, vitamines…) sont alors administrés sous forme liquide pour couvrir les besoins du corps et éviter la dénutrition.
Cette méthode est la plus proche d’une alimentation naturelle et aide à maintenir le bon fonctionnement de l’intestin.
Du point de vue du patient :
Visuellement, ce sont des poches de liquide couleur crème reliée à une tubulure qui est connectée à la sonde gastrique. Le tuyau passe dans une pompe qui permet de réguler le début d’écoulement.
On peut voir le liquide descendre de la poche à travers le tuyau jusque dans la sonde gastrique.
Si le liquide est à température ambiante ou refroidi, on peut ressentir légèrement le liquide s’écouler dans le tuyau mais cela est indolore et sans saveur, la plupart du temps, on ne ressent ni la faim, ni la sensation de satiété, les apports étant diffusés à vitesse constante sur la journée. Dans certains cas, il est possible de ne passer l’alimentation entérale que la nuit pour essayer de susciter la faim en journée et réhabiliter le tube digestif à une alimentation normale.
Dans certains cas, le tube digestif du patient peut ne pas être fonctionnel, ne peut pas être utilisé (par exemple à cause d’une opération, d’une infection ou d’un blocage). Les nutriments sont alors apportés directement dans le sang, grâce à une perfusion posée dans une grosse veine (voir Cathéter).
On parle alors d’alimentation ou nutrition parentérale.
En réanimation, cette méthode permet de nourrir le patient même si le tube digestif ne fonctionne pas, pour lui apporter l’énergie et les protéines nécessaires à la guérison.
Visuellement, ce sont des poches de liquide blanc pour la plupart des alimentations parentérales. Ces produits sont généralement perfusés via des cathéters car ils peuvent être irritants pour les fines veines sur le long terme.
Amnésie signifie absence de souvenirs.
Il est fréquent que les patients ne se souviennent pas de tout ou partie de leur séjour en réanimation. Les causes de l’amnésie sont multiples : les médicaments sédatifs et anesthésiques sont souvent amnésiants, l’infection grave et les troubles du sommeil influent directement sur la capacité de fabriquer les souvenirs, et d’autres mécanismes encore peuvent jouer dans ces processus…
Les patients qui subissent une amnésie décrivent une forme d’ « absence à soi-même », ne gardent parfois aucun souvenir des évenements qui précèdent le placement dans le coma, ni du temps du coma jusqu’au réveil et parfois encore pendant plusieurs jours après le réveil. « C’est comme si on avait oublié de mettre la pellicule dans la caméra » décrit un patient. De nombreux patients éprouvent le besoin de venir combler ce « trou » dans leur histoire, parfois rapidement, parfois plusieurs mois après la sortie de réanimation.
Pour faciliter la rémission psychologique des patients de réanimation, il peut être utile de les aider à comprendre ce qui s’est passé durant les phases qu’ils ont oubliées. Tenir un journal de bord est une solution simple et efficace.
L’anesthésie est le fait d' »endormir » les sensations d’une personne avec des médicaments ou des gaz sédatifs (qui font dormir) et antalgiques (qui suppriment la douleur).
Couramment pratiquée au bloc opératoire, l’anesthésie peut-être générale : le patient est « endormi » complètement; ou locale : les médicaments anesthésiants sont injectés directement au niveau des nerfs de la zone à traiter. Seule la zone est donc « endormie » : le patient reste conscient. L’anesthésie au bloc opératoire vise principalement à permettre la sécurité de l’intervention par l’immobilisation totale de la zone ainsi que la prévention de la douleur.
En réanimation, on a recourt à l’anesthésie générale lorsque la défaillance d’un organe nécessite une mise au repos totale : on peut « endormir » un patient pour mettre ses poumons au repos par exemple.
Du point de vue du patient, au moment de ce qu’on appelle « l’induction » de l’anesthésie, le moment où le médicament est injecté, on peut ressentir comme une aspiration ou une chute avant de perdre conscience, qui peut être vécue comme agréable ou angoissante selon les personnes et le contexte. Penser à des choses agréables au moment de l’endormissement pourrait permettre de se réveiller calmement. Il ne s’agit pas d’un sommeil normal et on ne se sent pas « reposé » après une anesthésie. Selon les médicaments et les doses utilisées, l’anesthésie peut favoriser des rêves étranges.
Il est fréquent que les menstruations des femmes se dérèglent ou s’arrêtent le temps de la réanimation/hospitalisation. Le corps subit un tel choc qu’il met ses fonctions reproductrices à l’arrêt pour se concentrer sur sa survie.
L’anoxie est l’absence d’alimentation en oxygène. Elle entraîne la destruction des cellules. L’anoxie cérébrale prolongée a des conséquences graves et irréversibles sur les capacités cognitives.
L’antalgie ou l’analgésie est la suppression de la sensation de la douleur. Elle peut s’effectuer grâce à des médicaments (les antalgiques), mais aussi via des méthodes non médicamenteuses : selon la douleur à traiter, l’usage de chaud (bouillotte), de froid (vessie de glace), ou encore la kinésithérapie peuvent s’avérer très efficaces.
L’alitement du patient en réanimation, les éventuels troubles de la coagulation ou les corps étrangers insérés dans les troncs veineux et artériels (cathéters, canules d’ECMO) peuvent entraîner un risque de thrombose : le corps crée un caillot qui peut obstruer tout ou partie d’une veine ou d’une artère, entraînant un problème d’irrigation d’un organe ou de circulation du sang.
Pour prévenir les thromboses, on administre aux patients de réanimation des anticoagulants, souvent sous forme d’injections sous cutanées dans les cuisses et/ou dans le ventre. Cela peut laisser des bleus et des indurations qui disparaitront avec le temps.
Le cœur fait circuler le sang dans l’organisme et permet ainsi l’apport en oxygène aux cellules des différents organes. Lors d’un arrêt du cœur, l’apport en oxygène est interrompu, ce qui entraine la destruction rapide des cellules. En quelques minutes, les conséquences peuvent être irréversibles (voir Anoxie). Ainsi, la rapidité de prise en charge (massage cardiaque, ventilation) est essentielle pour limiter les séquelles possibles.
Des ardoises sont mises à disposition des patients incapables de parler mais capables d’écrire.
Tips de Réanimé : Il faut penser à renouveler les feutres qui sèchent vite lorsqu’on a du mal à les reboucher, et fournir de quoi effacer pour éviter (un peu) les doigts tout bleu et les draps salis !
L’aspiration trachéale est un soin de routine consistant à désencombrer le patient intubé. On passe une fine sonde d’aspiration par la sonde d’intubation afin d’aller aspirer les sécrétions bronchiques que le patient fait remonter en toussant. Le geste peut être impressionnant car il provoque la toux du patient.
Ce n’est pas un soin agréable pour les patients, surtout lorsqu’il est nécessaire de le faire souvent, mais il est nécessaire à la bonne respiration et il est néanmoins vécu comme un « besoin vital que l’on attend impatiemment » par les patients qui ressentent une gêne à la respiration. Dans l’après-coup, il génère une sensation de mieux-être en améliorant la respiration et en « sentant ses bronches nettoyées ». Lorsque le geste est prodigué délicatement, il peut être vécu comme un vrai soulagement, mais peut devenir désagréable dans le temps si la trachée est irritée.
Le système d’aspiration peut aussi servir à aspirer la salive en cas de problème de déglutition chez certains patients, ou lors des soins de bouche.
Une bactérie est un micro-organisme vivant microscopique. Certaines bactéries sont utiles et nécessaires : elles composent ce que l’on appelle la flore, par exemple la flore intestinale favorise la bonne digestion des aliments. D’autres bactéries sont dangereuses et doivent être combattues. Pour aider le corps à combattre ces « mauvaises » bactéries, on utilise les antibiotiques.
Bactérie qui a développé une défense contre plusieurs antibiotiques. Elle est donc plus difficile à combattre et il est extrêmement important d’éviter sa dissémination au sein de l’hôpital : c’est pourquoi il peut être demandé de respecter certaines précautions à l’entrée des chambres des patients : les “mesures d’isolement”.
Voir isolement.
La « base » est la perfusion « de base » administrée à tout patient de réanimation. Il s’agit généralement d’un volume de liquide neutre (« serum physiologique » ou mélange glucosé) auquel on peut additionner des vitamines ou autres électrolytes en fonction des besoins du patient.
Voir Perfusion
Les patients incapables de déglutir ou intubés ne peuvent pas boire d’eau. L’hydratation est faite via d’autres voies, mais la bouche est ainsi souvent très sèche, surtout lorsque le patient est intubé par la bouche et ne peut donc jamais complètement fermer la cavité buccale. Des bâtonnets (ressemblant à de gros coton-tiges avec un coton d’un seul côté) peuvent être trempés dans de l’eau, un jus de fruit, ou un liquide de bain de bouche, puis bien essorés, pour badigeonner les lèvres et l’intérieur de la bouche. Cela donne une sensation de fraicheur voir un goût agréable si on a opté pour un jus de fruit.
Voir Soins de bouche
Le BAVU ou « ballon autoremplisseur à valve unidirectionnelle » est un outil présent dans toutes les chambres de réanimation. Il permet de pré-oxygéner le patient avant l’intubation, de gérer certaines situations d’urgence, ou de prendre le relai du respirateur durant certaines procédures. On l’appelle aussi parfois AMBU (du nom d’une marque)
Le bracelet d’identification du patient est un élément important de ce qu’on appelle l’identitovigilance. En effet, il permet aux soignants de procéder à des vérifications réglementaires et procotolées de l’identité de leur patient avant de procéder à certains soins. Même si les soignants connaissent très bien leurs patients, le rythme de travail et la faillibilité humaine peut malheureusement mener à des erreurs. Ces contrôles permettent de servir de garde-fou et d’éviter les accidents.
La bronchoscopie ou fibroscopie bronchique est un examen consistant à aller observer l’intérieur des bronches à l’aide d’une petite caméra positionnée au bout d’une sonde. Chez le patient intubé, on passe généralement par la sonde d’intubation, chez le patient non intubé, on passe généralement par le nez. Cet examen peut également permettre la réalisation de prélèvements à visée diagnostique.
Cet examen peut se pratiquer sous anesthésie générale ou simplement en endormant l’intérieur du nez. Lorsqu’il est réalisé sur un patient éveillé, cela peut être assez inconfortable. Sur un patient endormi, la bronchoscopie ne laisse généralement aucune douleur au réveil mais comme elle permet de faire un nettoyage bronchique, le patient peut ressentir une sensation de bien être, de désencombrement des bronches.
Les cadres de soin sont des infirmiers ayant suivi une formation supplémentaire en management. Ils coordonnent le personnel paramédical et supervisent la logistique du service. Ils peuvent être des ressources précieuses pour vous aider à comprendre le fonctionnement du service. Voir la page : l’équipe de réanimation
Alternative à la sonde d’intubation, proposée dans certains cas, notamment pour faciliter le sevrage progressif de la ventilation mécanique. Permet de libérer la bouche en créant une voie d’accès, via un petit trou directement dans la trachée. La trachéotomie permet de court-circuiter les voies aériennes supérieures et donc de diminuer l’effort de la respiration autonome, tout en limitant le risque d’infection pulmonaire : comme une sonde d’intubation, la canule de trachéotomie dispose d’un ballonnet que l’on peut gonfler pour empêcher l’écoulement des sécrétions buccales ou digestives dans les poumons.
La trachéotomie permet aussi au fil de la rééducation de recommencer à parler, à manger et à boire ! Le confort du patient est généralement très amélioré.
Au fil du temps et de sa rééducation, le patient peut petit à petit passer plus de temps débranché du respirateur, en autonomie, jusqu’à ce qu’il lui soit possible de respirer sans : un petit bouchon est alors posé sur l’embout de la canule de trachéotomie : ce bouchon rouge bloque hermétiquement l’orifice de la trachéotomie et signifie que l’air est inspiré et expiré par les voies naturelles du patient (nez, bouche) et permet de s’assurer que tout fonctionne avant la « décanulation » : le fait d’ôter la canule et de boucher l’orifice.
Les cathéters sont des tubes souples et creux qui sont insérés dans les veines ou les artères du patient.
On pose très facilement des cathéters centraux en réanimation, car ce sont des abords plus surs (ne peuvent pas se déplacer) et avec plusieurs voies pour passer différents médicaments sensibles en même temps.
Les cathéters artériels permettent la surveillance en continu de la pression artérielle (tension). Ils permettent également d’effectuer les prélèvements sanguins réguliers souvent nécessaires en réanimation sans avoir besoin de piquer le patient. L’insertion est effectuée stérilement, sous anesthésie locale. Leur entretien nécessite des soins stériles.
Les cathéters veineux centraux sont nécessaires pour sécuriser l’administration de nombreux médicaments en réanimation comme les catécholamines (noradrénaline par exemple). Dans certains cas, les cathéters centraux permettent aussi la surveillance des pressions dans les vaisseaux. L’insertion est effectuée stérilement, sous anesthésie locale. Leur entretien nécessite des soins stériles.
Le cathéter de dialyse est un cathéter veineux central de calibre plus large que les autres cathéters et qui permet de dialyser le patient. Il a deux voies, l’une qui sert à aspirer le sang, et une seconde qui sert à réinjecter le sang « nettoyé », épuré par la dialyse. Parfois, il peut avoir une troisième voie pour injecter des médicaments. Le cathéter de dialyse est généralement posé dans le cou (en « jugulaire ») ou dans le pli de l’aine (en « fémoral »).
Aussi appelée Circulation extra-corporelle ou E.C.M.O.
Il existe deux types de circulation extra corporelles, l’un supplée la défaillance des seuls poumons, l’autre supplée l’ensemble coeur-poumons.
Dans le premier cas, la circulation extra-corporelle est posée chez les patients pour qui la ventilation artificielle via l’intubation la mise sous respirateur ne suffisent pas à oxygéner correctement le sang.
On pose alors deux très gros cathéters (appelés canules) dans de gros troncs veineux du patient (souvent dans le creux des aines), le sang est aspiré à l’aide d’une pompe et passe dans une membrane d’oxygénation et de décarboxylation (le gaz carbonique y est épuré).
Le deuxième cas est utilisé en cas de défaillance cardiaque majeure, voire de défaillance coeur-poumon. La fonction cardiaque est alors supplée via la pompe de la machine qui remplace complètement le coeur, et si besoin est, les poumons également. Les canules sont alors positionnées l’une en artériel, l’autre en veineux.
L’utilisation d’une circulation extra-corporelle est une procédure extrêmement invasive qui comporte de nombreux risques et qui ne peut être envisagée légèrement. Elle est généralement posée sous anesthésie générale mais dans de très rares cas, elle peut être posée sous anesthésie locale.
La taille des canules de la C.E.C. induit souvent des cicatrices aux points d’insertion, ainsi que de plus petites à quelques endroits du corps qui correspondent aux points de suture posés pour bien maintenir en place cette suppléance vitale.
Aller plus loin : Ouvrage de Katia Ghanty, Les frottements du coeur.
Le chariot de soin est un meuble clef de la chambre de réanimation. Dans ses tiroirs, il contient tout le matériel médical nécessaire à accomplir la plupart des soins : prises de sang, pansements, administration de médicaments. Il est révisé et complété quotidiennement par les infirmiers et les aide-soignants afin d’être toujours prêt à parer à l’urgence. Bien qu’il soit nettoyé régulièrement, c’est une zone qui doit rester très propre puisque sa surface sert aux soins, il vaut donc mieux éviter de l’utiliser pour poser des affaires qui viennent de l’extérieur ou de le toucher avec des mains qui ne sont pas parfaitement propres.
La clinique est l’exercice au lit du patient. Le chef de clinique est le médecin en charge de la supervision de l’exercice clinique c’est à dire des soins au patient. Au sein de l’unité de soin, les internes exercent sous sa supervision et sous sa responsabilité. Le chef de clinique est responsable de la coordination de l’équipe de soin de l’unité et de la définition des objectifs quotidiens pour chaque patient. Le chef de clinique exerce sous la responsabilité du chef de service.
La définition médicale du choc est une chute brutale et profonde de la tension artérielle.
Rapidement, cet état clinique peut avoir des conséquences graves sur les organes (reins, poumons, foie, etc.)
On peut distinguer plusieurs types de choc : le choc septique, lié à une infection grave ; le choc hémorragique, lié à une perte de sang importante ; le choc cardiogénique, lié à un mauvais fonctionnement du cœur et enfin le choc anaphylactique, lié à une allergie grave.
Du point de vue du vécu, le choc peut être ressenti comme un malaise important : sensation de vertige, début de perte de conscience (étoiles dans les yeux, aveuglement transitoire, bourdonnement dans les oreilles etc), frissons, sensation de froid important, difficultés d’élocution, jusqu’à la perte totale de la conscience si l’état de choc s’aggrave. Visuellement, des marbrures peuvent apparaître sur les genoux, la peau peut pâlir beaucoup.
Aussi appelée C.E.C ou E.C.M.O.
L’humidificateur chauffant, aussi parfois appelé « cocotte », est un petit appareil ajouté au respirateur qui permet d’humidifier et de réchauffer le mélange gazeux insufflé au patient : en effet l’air et l’oxygène médical sont des gaz secs et peuvent irriter les voies aériennes ou assécher les sécrétions du patient. Il convient d’humidifier ces gaz afin de prévenir toute complication et d’assurer le confort du patient. L’humidificateur chauffant peut servir quelque soit l’interface utilisée : sonde d’intubation, masque de V.N.I. ou les canules nasales de l’oxygénothérapie à haut débit.
Il s’agit d’une machine d’assistance biventriculaire (c’est à dire qui va assister les deux ventricules, les cavités cardiaques basses), avec mise en place de 2 ventricules artificiels qui vont remplacer les ventricules natifs. Cette machine est mise en place lors d’une intervention chirurgicale lourde. Cette technique est nouvelle et n’est actuellement utilisée qu’exclusivement dans le cadre d’un protocole de recherche. Cette technique est utilisée en attente de transplantation cardiaque.
Le coma est un état de conscience altéré :
Le coma altère la capacité du patient à protéger le carrefour entre les voies aériennes (vers les poumons) et les voies digestives (vers l’estomac), raison pour laquelle il est nécessaire d’intuber les patients dans le coma, et de les placer sous respiration artificielle. Un patient dans le coma nécessite une surveillance accrue. On ne sait pas ce qu’entend un patient dans le coma, mais il semble que la présence et les voix des proches puissent dans certains cas être reconnues, même s’il n’en aura que peu ou pas de souvenirs plus tard. Les soignants expliquent leurs gestes au patient et le préviennent avant tout contact physique. La présence verbale est bénéfique pour le patient et il ne faut pas hésiter à lui parler.
Ce sont des boissons ou crèmes riches en énergie, en protéines, et parfois en vitamines et minéraux. Ils sont prescrits quand une personne ne mange pas assez pour couvrir ses besoins, par exemple après une maladie, une opération ou pendant une hospitalisation.
Les CNO aident à prévenir ou à corriger la dénutrition. Ils complètent l’alimentation habituelle, mais ne la remplacent pas.
Il est courant que les patients éveillés en réanimation soient plus ou moins confus, perdus, désorientés. On parle de delirium. Ce peut être dû au stress, à l’infection, aux médicaments ou à la fatigue. L’âge est également un facteur de risque important. Il est conseillé de les re-situer régulièrement dans l’espace et dans le temps en leur rappelant où ils sont, pourquoi ils sont là, ainsi qu’en leur rappelant le jour et l’heure. Permettre aux patients de sortir de leur chambre dès que leur état de santé les y autorise est un bon moyen de réduire la durée de cette confusion (balade dans le couloir, voire petit tour de l’hôpital).
La confusion peut induire que le patient ne se comporte pas comme d’habitude, voire tient des discours heurtant, très loin de sa personnalité habituelle : cela peut provoquer une sensation d’étrangeté chez ses proches voire de détresse quand la confusion engendre des comportements trop étrangers à l’habitude du patient. Ne pas hésiter à prendre un peu de recul et à se préserver : cette période est généralement transitoire.
« Je suis dans un nuage, dans un brouillard, je flotte entre des réalités différentes » dit une patiente
Voir Delirium
En réanimation, le consentement du patient est souvent mis en difficulté par le coma, le delirium. Les équipes tâchent de mieux comprendre les valeurs et les souhaits du patient en échangeant avec les équipes et s’efforcent de rechercher l’adhésion du patient pour tous les soins réalisés. Parfois, certains états neurologiques peuvent rendre cela très difficile et c’est l’intérêt supérieur du patient qui entre alors en jeu. En cas de questions au sujet des soins de votre proche, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’équipe soignante ou de la psychologue.
En réanimation, les contentions sont mises en place pour entraver les mouvements erratiques des patients souffrant de troubles cognitifs, d’un état d’agitation, ou simplement de difficulté à contrôler ses mouvements.
En effet, il est fréquent qu’un patient arrache un cathéter ou sa sonde naso-gastrique, voire s’extube (arrachage de la sonde d’intubation) lui-même dans un mouvement de panique. Les soignants doivent alors effectuer à nouveau le geste, ce qui comporte des risques importants (infection, détresse respiratoire, arrêt cardiaque si une suppléance vitale est arrachée).
Les contentions sont retirées dès lors qu’un patient se montre en capacité de comprendre la situation, et de ne pas se mettre en danger. Cette évaluation n’est pas toujours facile et les contentions peuvent être conservées un peu plus longtemps dans le doute afin de ne pas compromettre la situation. Pour le patient, cela peut être particulièrement frustrant voire très anxiogène d’être contentionné, cela peut majorer certains délires de persécution. La balance bénéfice-risque doit être finement mesurée.
Il est parfois envisageable de décontentionner le patient tant qu’une personne est dans la chambre et chargée de s’assurer de la sécurité des gestes du patient. C’est le médecin qui doit donner cet accord.
Certains patients de réanimation peuvent avoir du mal à réguler leur température : il peut alors être nécessaire de les réchauffer à l’aide d’une « couverture chauffante ». Il s’agit d’un genre de drap double que l’on va gonfler à l’air chaud à l’aide d’une petite machine et placer directement sur le patient sous le drap. La température est réglable et permet de s’adapter aux besoins du patient.
Aussi appelé « D.V. »
Le mot « decubitus » signifie être allongé. Le decubitus ventral est le fait de coucher les patients sur le ventre. Cette technique est particulièrement utile en cas d’insuffisance respiratoire grave car elle permet d’améliorer les échanges gazeux (l’efficacité de la respiration). On peut l’utiliser chez les patients conscients non intubés pour essayer d’éviter l’intubation, ou chez les patients les plus graves, sous sédation.
On peut aussi parler de décubitus latéral lorsqu’on posture les patients sur le côté, là encore généralement pour favoriser la respiration. Le décubitus latéral peut aussi être utilisé en réanimation pour soulager les points d’appuis et prévenir ou traiter une escarre.
Certains patients se souviennent confusément d’avoir été mis sur le ventre durant leur phase de coma en associant cette sensation avec l’impression d’avoir été roulé dans un tapis.
Pour les proches, c’est parfois impressionnant car juste après la remise sur le dos, le patient peut avoir le visage très gonflé, un peu comme un boxeur : c’est simplement les oedèmes présents dans l’arrière du crâne et donc cachés par les cheveux et l’oreiller habituellement qui sont sont déplacés par gravité sur le visage. Cela rentre dans l’ordre en quelques heures, et l’on peut appliquer des compresses glacées pour accélérer le processus.
Voir oedème
Le délirium est un état cognitif particulier où le patient peut être désorienté (il ne sait plus où il est, il ne se repère plus dans le temps), voire subir des hallucinations. Le délirium est fréquent en réanimation, il est la conséquence de l’agression de la maladie aiguë, et peut être favorisé par l’infection grave, les médicaments, les troubles du sommeil etc. Il peut se manifester par une grande agitation mais aussi parfois par un mutisme total (le patient est très calme, il est conscient mais ne s’exprime pas, ne répond pas aux sollicitations).
Pour lutter contre le délirium, il est important de bien marquer le rythme jour-nuit, de favoriser le repos la nuit et l’activité la journée, et de réorienter le patient : utiliser une horloge, lui rappeler où il est et pourquoi il est là, etc.
Voir la page Vécu du patient
Une dépression peut suivre une hospitalisation en réanimation. La dépression peut également toucher les aidants ou proches. C’est même assez fréquent, on estime que cela peut toucher 30% des uns comme des autres. C’est une réaction au stress intense qui a été vécu et qu’il convient de prendre en compte sérieusement.
Comme toute maladie, personne n’est responsable de cet état qui est difficile à vivre pour la personne atteinte comme son entourage. La volonté ne suffit pas à guérir et la dépression se soigne d’autant mieux qu’elle est prise en charge tôt par des professionnels experts (psychiatre, psychologue diplômé d’état). Des traitements médicamenteux et des prises en charges de type thérapies sont possibles : les professionnels pourront vous accompagner dans une prise en charge personnalisée. Cette prise en charge précoce est d’autant plus importante qu’elle permet aussi de limiter voire d’éviter les récidives.
Ou épuration extra-rénale (EER)
Technique qui consiste, par l’intermédiaire d’un cathéter, d’un filtre (rein artificiel) et d’une pompe assemblés dans une grosse machine, à nettoyer le sang des déchets toxiques qui s’accumulent lorsque les reins fonctionnent mal ou dans certaines situations critiques. Certaines dialyses dites intermittentes peuvent durer entre 2 et 8h selon l’indication, mais dans certains cas, en réanimation, on peut mettre en place une dialyse continue, c’est à dire qui peut durer plusieurs jours et que l’on peut reconduire à la fin de la durée d’usage du filtre (rein artificiel).
Le patient dialysé conscient peut avoir froid, il ne faut pas hésiter à lui poser la question, et à le couvrir si nécessaire. D’autres symptômes, comme des maux de crâne peuvent apparaître plus rarement, il ne faut pas hésiter à les signaler à l’équipe soignante.
La dialyse est généralement positionnée à coté du lit, et l’on on peut voir le sang circuler dans les tuyaux au rythme de la pompe qui peut produire un léger bruit de fond.
Les diététicien.ne.s sont sollicités afin de s’assurer que les patients reçoivent les apports nutritionnels adaptés à leurs besoins spécifiques. Ils passent régulièrement dans les services de réanimation pour optimiser la nutrition des patients qu’ils soient intubés et dans le coma ou conscient et autonomes. L’alimentation des patients est un facteur clef de leur récupération et ne peut pas être laissée au hasard.
Les directives anticipées consistent en un document rédigé à l’avance par le patient, où il exprime ses souhaits pour le cas où il serait dans l’incapacité de donner son avis.
Elles peuvent être rédigées sur papier libre, ou utiliser un formulaire pré-construit comme celui de la Société de Réanimation de Langue Française : à retrouver ici
Le don d’organes est possible en France dans certains cadres, et notamment après le diagnostic d’un passage en mort encéphalique ou après une décision de limitation ou d’arrêt des traitements (cadre légal dit de Maastricht III). Tous les organes et certains tissus peuvent être concernés. Par défaut, en France, toutes les personnes sont considérées donneuses. Il est possible de s’inscrire sur le registre national des refus pour clarifier sa position. En parler à vos proches, ou simplement porter une carte sur soi permet d’éviter des décisions difficiles en cas de besoin.
Voir la page Don d’organes
Mot générique se rapportant à tout tuyau souple placé dans le corps afin de permettre l’élimination de sang, d’air ou de sécrétions qui pourraient entraver la bonne cicatrisation ou le bon fonctionnement d’un organe.
La dysphagie, ou les troubles de la déglutition peut être une conséquence d’une période longue durant laquelle les muscles de la déglutition n’ont pas été sollicités ou d’une atteinte neurologique. Les muscles affaiblis ne permettent pas de bien déglutir et le bol alimentaire peut passer pour partie dans les voies aériennes : on parle de « fausses routes », qui se manifestent par une toux lors de l’alimentation et peuvent donner lieu à des infections pulmonaires. Selon l’atteinte, on peut faire des fausses routes aux aliments solides et/ou liquides.
Il faut penser à un trouble de la déglutition lorsque le patient tousse systématiquement lorsqu’il mange ou qu’il boit. Il convient alors d’arrêter le repas en cours et de solliciter l’équipe soignante. Un bilan peut être réalisé par un ORL, un orthophoniste ou un kinésithérapeute et des mesures peuvent être prises : adaptation de l’alimentation, supplémentation par une alimentation entérale, rééducation.
L’échographie n’est pas réservée à la grossesse !
C’est un examen permettant d’explorer l’anatomie et les fonctions de certains organes. L’échographie peut être interne ou externe :
– Dans le cas des échographies externes, le médecin applique une sonde contre la peau au niveau de l’organe qu’il souhaite explorer, cette sonde émet des ultrasons qui traversent les tissus puis lui sont renvoyés sous la forme d’un écho. C’est un examen relativement rapide et indolore qui s’effectue au lit du patient.
– Dans le cas de échographies internes, il s’agit d’insérer la sonde dans une cavité naturelle afin de s’approcher mieux de l’organe à explorer. Par exemple, dans certains cas l’échographie externe du coeur (échographie trans thoracique) ne suffit pas à bien voir les structures souhaitées, le médecin pratiquera alors une échographie transoesphagienne : on fait passer la sonde d’échographie par la bouche jusque dans l’oesophage pour s’approcher plus près du coeur
Extra corporeal Membran Oxygenation : voir Circulation Extra Corporelle
Les électrodes sont les petits capteurs que l’on positionne sur la poitrine du patient et qui permettent de mesure l’activité électrique du coeur. Ce sont généralement des petits autocollants avec une sorte de bouton pression métallique en leur centre qui permet de les raccorder aux câbles du scope, l’écran qui affiche les courbes, dont la courbe d’électrocardiogramme.
Certains patients gardent quelques temps la marque des électrodes sur la peau : lorsque l’adhésif est resté longtemps, ou qu’on a mis plusieurs fois les électrodes au même endroit, cela exfolie la zone en dessous. Ces marques disparaissent au fil du temps et des douches. Un bon gommage de la peau peut accélérer le processus.
Si c’est l’adhésif qui laisse des traces un peu grises sur la peau, vous pouvez aussi acheter en pharmacie un produit spécial anti-adhésif pour faire disparaître ces traces.
Dans le cadre de l’électroencéphalogramme, on parle aussi d’électrodes, qui se présentent un peu différemment et sont fixées sur le crâne avec une pâte conductrice et un genre de ciment grisâtre qui part au shampooing.
Un patient endormi, ou éveillé mais avec un grave état de faiblesse musculaire, n’est plus maitre de l’élimination de ses urines et de ses selles. Pour les urines, il est habituel de poser une sonde urinaire. En revanche pour les selles, des alèses sont placées sous les fesses pour éviter de mouiller/souiller les draps et de changer au besoin sans avoir besoin de refaire tout le lit. Les patients qui en sont capables urinent dans des bassins. Pour éviter les constipations et la congestion intestinale, des gelées laxatives peuvent être fournies aux patients. Dans certains cas de constipation qui ne cède pas aux laxatifs oraux, un lavement est effectué par les soignants, un geste nécessaire, parfois gênant pour le patient, mais pas forcément désagréable.
La réanimation est le lieu de montagnes russes émotionnelles pour les proches, en raison de l’incertitude du pronostic du patient.
Après la réanimation, les patients décrivent souvent des émotions décuplées dans le positif comme dans le négatif durant quelques temps (variable selon les personnes).
Ces fortes vagues émotionnelles peuvent dérouter les proches et fragiliser les patients qui ont à la fois le sentiment de vivre plus fort mais aussi de souffrir plus.
Cet état est transitoire et finit par revenir à la normale au fil du temps qui passe. Un accompagnement psychologique peut aider à gérer les émotions négatives trop fortes.
« Endo- » signifie « à l’intérieur » et « scopie » signifie « regarder ». Le mot endoscopie recouvre tous les examens qui consistent à aller regarder à l’intérieur du corps à l’aide d’une sonde munie d’une caméra. Pour plus de clarté, on précise généralement l’organe ciblé : bronchoscopie ou endoscopie/fibroscopie bronchique par exemple, pour les bronches, ou endoscopie gastrique pour l’estomac. Voir fibroscopie.
Spécialité paramédicale qui vise à aménager l’espace et les objets pour améliorer l’autonomie ou les mouvements du patient en fonction des spécificités de son handicap (temporaire ou plus durable).
Par exemple : placer un grip sur la tablette pour éviter que le téléphone ou l’enceinte ne glisse, fabriquer un coussin sur mesure pour la tête qui souffre d’une escarre occipitale, bricoler la sonnette afin de permettre son utilisation même par un patient extrêmement faible, aménager le lit pour faciliter certains mouvements autonomes, etc.
Lésion cutanée (plaie) due à l’alitement. L’alitement et l’immobilisation, nécessaires pour la sécurité du patient de réanimation, peuvent avoir des conséquences. Parmi elles, les escarres, qui sont liées aux pressions que la peau subit entre les os saillants et le matelas : c’est ce que l’on appelle les points d’appui : talons, sacrum, tête (zone occipitale), omoplates.
Pour éviter les escarres, les infirmiers et les aides-soignants réinstallent régulièrement les patients afin de varier les zones sur lesquelles s’exerce la pression et procèdent à des effleurages des points d’appui (massages légers de l’arrière du crâne, du dos, du sacrum, des coudes et des talons) et s’assurent que les patients reçoivent des apports nutritionnels suffisants. Vous pouvez participer à la lutte contre les escarres en prodiguant des massages légers à vos proches au niveau des zones qui vous sont accessibles : notamment les coudes et les talons.
C’est une plaie qui cicatrise avec difficulté et peut laisser des séquelles esthétiques et fonctionnelles entravant parfois la réhabilitation. Les soins sont parfois douloureux, et si l’escarre est très profonde, nécessitent des pansements très spécifiques. L’odeur des escarres est aussi particulière, et peut gêner le patient. Diffuser des huiles dans la pièce pendant les pansements peut aider à surmonter cela.
A distance de la réanimation, il est utile de consulter si la gêne est trop importante : une chirurgie réparatrice peut parfois être proposée.
Lorsque le patient a retrouvé son autonomie respiratoire, on procède à l’extubation : le fait de retirer la sonde d’intubation. C’est un moment un peu impressionnant et peu agréable pour le patient, mais c’est aussi un moment important qui signe la fin de la phase aiguë.
NB: dans le cas d’un échec thérapeutique, et dans le cadre de l’arrêt des traitements, il peut arriver que l’on procède à une extubation pour permettre au patient de vivre ses derniers instants libéré des attribus médicaux.
D’apparence anodine, la mise au fauteuil d’un patient de réanimation est un effort souvent vécu comme surhumain. Elle est pourtant nécessaire à la réhabituation à la position verticale, au remusclement du dos et des abdominaux, à la bonne élimination digestif (la position allongée favorise la constipation) et au bon drainage des bronches. C’est une thérapie pour tout le corps qui entraîne souvent de légers conflits avec le patient qui a du mal à comprendre qu’on lui impose de tels efforts dans son état et qui préférerait se reposer !
Voir fonte musculaire
Le principe de cet examen consiste à explorer l’intérieur du corps à l’aide d’un endoscope pourvu d’une fibre optique. L’endoscope, ou fibroscope est composé d’un tube souple de quelques millimètres de diamètre dans lequel est insérée une fibre optique. Il possède une source lumineuse à l’une de ses extrémités. Certains utilisent une mini-caméra et sont connectés à un écran vidéo. Ils peuvent être équipés de pinces afin de réaliser des prélèvements pour une analyse en laboratoire. Un système de commande permet de se diriger une fois à l’intérieur du corps.
Voir Endoscopie.
L’immobilité forcée entraîne une fonte musculaire qui peut être impressionnante lorsque l’hospitalisation en réanimation se prolonge. Certains patients peuvent perdre plusieurs dizaines de kilos. La récupération de l’autonomie en sera d’autant plus longue, c’est pourquoi les kinésithérapeutes et les infirmiers interviennent précocement pour enrayer ce phénomène en mobilisant les patients dès qu’ils sont en état de le supporter.
La fonte musculaire peut être assez choquante la première fois que le patient réalise l’ampleur de cette fonte : à l’occasion d’une toilette en voyant ses jambes, ou en passant devant un miroir. Cette fonte musculaire implique aussi la nécessité de tout réapprendre, et de remuscler chaque muscle : diaphragme et muscles intercostaux pour respirer seul, muscles du dos pour simplement tenir assis au fauteuil, muscles des jambes pour remarcher…
Cela prend du temps, mais cela revient !
La nuit, le week-end et les jours fériés, les soins se poursuivent en réanimation : ces plages horaires sont appelées « gardes ». Afin d’assurer les soins et une surveillance continue optimale, les infirmier.e.s et aides-soignant.e.s sont généralement aussi nombreux le jour et la nuit, la semaine que les jours fériés; en revanche les médecins se relaient et sont moins nombreux sur les gardes. Les patients les plus graves et les situations d’urgence sont donc prioritaires pendant ces périodes et les médecins sont moins disponibles pour les entretiens ou la gestion des affaires courantes, qui seront plus facilement gérées en journée.
C’est une technique médicale qui permet de placer une sonde (tube d’alimentation) directement dans l’estomac à travers la peau, afin d’y faire passer la nutrition entérale ou les médicaments quand une personne ne peut plus manger normalement par la bouche.
L’intervention est réalisée avec l’aide d’un petit tube muni d’une caméra (l’endoscope), introduit par la bouche, ce qui permet de guider la pose de la sonde avec précision.
La pose d’une GPE est transitoire la plupart du temps et peut améliorer le confort du patient en comparaison d’une sonde gastrique qui passe par le nez. La contrepartie est bien sur un risque infectieux.
La sonde, une fois en place, nécessite des soins simples. Elle peut être retirée dès que le patient est capable de déglutir/manger/boire tout seul sans risque.
On appelle « gaz du sang » un examen biologique que l’on effectue en prélevant du sang artériel ou veineux selon les mesures recherchées. La plupart du temps, il est nécessaire de prélever le sang en artériel, ce prélèvement est effectué au niveau de l’intérieur du poignet, là où l’on sent le pouls.
Ce prélèvement est particulièrement douloureux en raison de l’innervation de la paroi des artères, raison pour laquelle il peut être indiqué de poser un cathéter artériel afin de permettre un accès continu au sang artériel sans multiplier les ponctions (piqûres). Les gaz du sang sont prélevés fréquemment dans le cadre des insuffisances respiratoires, mais également en cas de choc. On surveille alors l’oxygène dans le sang, le gaz carbonique, mais aussi l’acidité du sang (pH).
Pour limiter la douleur (mais pas toujours la supprimer), la pose de patch de Lidocaïne bien en amont (au moins 2h avant la ponction) peut aider. Mais ce n’est pas toujours possible quand le prélèvement est nécessaire en urgence.
L’hygiène est mains est cruciale en réanimation et à l’hôpital en général (… et dans la vie de tous les jours aussi!) En effet; c’est par les mains que la plupart des maladies se transmettent. Les patients de réanimation étant particulièrement fragiles, il est recommandé de se laver les mains avant tout contact avec le patient lui-même, ses affaires et le matériel de la chambre, mais aussi entre deux contacts potentiellement contaminants, et en sortant de la chambre pour éviter de faire sortir les germes. On ne peut pas trop se laver les mains !!
Voir la page Visiter un patient
La glycémie est le taux de sucre dans le sang.
L’appareil à glycémie est le dispositif permettant de mesurer le sucre dans le sang des patients. On pique le bout du doigt ou du lobe de l’oreille avec une très fine petite aiguille afin d’obtenir une goutte de sang que l’on dépose sur une bandelette insérée dans l’appareil et l’on obtient une valeur qui permet de surveiller la glycémie du patient.
C’est important pour s’assurer que le patient reçoit suffisamment de sucres afin de produire l’énergie nécessaire au soutien du travail des organes. En cas de diabète (soit que le patient est diabétique, soit que certains médicaments provoquent un état ressemblant au diabète), on pourra administrer des traitements pour équilibrer cette glycémie.
Petit récipient en carton jetable qui récupère divers fluides en cas de besoin : vomi, salive, sécrétions.
Les soignants l’utilisent aussi pour organiser les soins comme un petit plateau. Objet à tout faire bien utile !
Les hémocultures sont des prélèvements sanguins permettant de mettre en évidence la présence de bactéries dans le sang. Le sang est prélevé directement dans de gros tubes contenant un « milieu de culture », un liquide favorable à la multiplication des bactéries recherchées. Le résultats des hémocultures peut mettre plusieurs jours à revenir : c’est la période de culture.
Les hémocultures sont prélevées dans de gros flacons avec des bouchons de couleur, cela peut paraître impressionnant mais on ne les remplit pas à ras bord !
Il s’agit d’une technique d’assistance cardiaque pour un seul ventricule (monoventriculaire) : une pompe aspire le sang dans le ventricule gauche (une des cavités du coeur) et le réinjecte dans l’aorte (l’artère principale qui sort du coeur et envoie le sang aux organes). Cette machine peut être mise transitoirement dans l’attente d’une rééducation et réhabilitation en vue dans un second temps d’une transplantation cardiaque, ou définitivement. On peut vivre avec cette machine plus de 10 ans. Elle nécessite d’anticoaguler le sang, et d’être alimentée en énergie par des batteries externes connectées à la machine par un fil qui sort au niveau de l’abdomen.
L’horloge est souvent la meilleure ennemie du patient… nécessaire pour reprendre pied dans le réel, se rendre compte du temps qui passe, retrouver petit à petit une idée de la temporalité, mais également témoin du temps qui ne s’écoule pas assez vite dans les moments difficiles. C’est un incontournable des chambres de réanimation mais qui parfois apporte sa part d’agacement et de frustration.
Dans le cadre de certaines pathologies, il est possible de placer les patients en hypothermie, c’est à dire de refroidir leur corps en dessous de 36 degrés, parfois jusqu’à 34 degrés. Cette thérapie est utile pour protéger les cellules cérébrales.
Plusieurs techniques peuvent être utilisées : « à l’ancienne » : on refroidit le corps du patient en plaçant un seau de glace devant un ventilateur au pied du lit et on crée un tunnel avec un drap. On appelle ça le « tunnel glacé ». Des machines permettent aussi ce refroidissement avec des grands patch adhérents que l’on vient coller sur les cuisses et le thorax du patient, et dans lesquels circule un liquide glacé.
Dans la mesure du possible, on réchauffe les patients à 36° avant de les réveiller, mais il peut arriver que le réveil arrive plus vite que prévu, où que dans le cadre d’une infection, l’appareil à refroidir peut continuer à fonctionner et cela peut être très désagréable, comme l’impression d’être plongé dans une baignoire glacée à son réveil.
Qualifie tous troubles ou complications provoquées par un traitement médical ou un médicament. Les équipes de réanimation mettent tout en oeuvre pour limiter la iatrogène mais plus le nombre de traitements et de soins est important, plus le risque de complication est élevé.
Un patient endormi, ou éveillé mais avec un grave état de faiblesse musculaire, n’est plus maitre de l’élimination de son corps. Pour les urines, il est habituel de poser une sonde urinaire. En revanche pour les selles, des alèses sont placées sous les fesses pour éviter de mouiller/souiller les draps et de changer au besoin sans avoir besoin de refaire tout le lit. L’état de fragilité du patient, la nutrition entérale et certains médicaments peuvent favoriser des diarrhées importantes. Les équipes soignantes font leur possible pour réguler ces épisodes et maintenir le patient aussi propre que possible à tout moment, mais dans certains cas, l’élimination est continue.
Cela peut être vécu comme très gênant et très difficile pour les patients conscients qui peuvent voir cela comme une atteinte à leur dignité, mais les soignants savent bien que cela fait partie de la vie, et même que c’est nécessaire à la vie !
Ce sont des infections contractées au sein de l’hôpital. En réanimation, et malgré l’attention constante portée à l’hygiène, elles concernent en moyenne 1 patient sur 5 du fait de leur grande fragilité et des techniques invasives nécessaires à leur survie.
Les internes sont de jeunes médecins ayant passé le concours de l’internat (à la fin de la 6e année d’études). Ils sont habilités à prescrire sous la responsabilité du chef de clinique. Ils sont très présents au sein des unités et seront pour vous des interlocuteurs de premier plan.
Acte médical consistant à placer une sonde, par la bouche ou le nez, dans la trachée d’un patient anesthésié afin de le ventiler (apport d’oxygène pour l’aider à respirer). Extubation : retrait de cette sonde.
Le tube introduit descend dans les poumons. Pour le patient la sensation peut être désagréable, avec une sensation étrange d’être pris dans la gorge. Voir sonde d’intubation
La lutte contre les infections nosocomiales est centrale à l’hôpital. Parmi les mesures permettant de limiter la propagation des germes, on pourra décider d’un isolement. Il s’agit soit de la protection des patients les plus fragiles contre les germes naturellement présents chez chacun de nous, soit de la protection des visiteurs et des autres patients contre une bactérie multirésistante portée par un patient. Les mesures particulières à prendre sont généralement indiquées sur la porte de la chambre.
Cela implique pour le patient une plus grande solitude, car les visites sont souvent limitées, les soignants groupent les soins pour limiter les risques de transmission d’un patient à l’autre, et les visiteurs doivent porter les équipements prescrits selon le type d’isolement. Pour les patients conscients, un soutien via des moyens digitaux peut être précieux. Mais certains apprécient aussi le calme et la possibilité d’enfin pouvoir se reposer !
Imagerie par Résonance Magnétique. Il s’agit d’un examen de radiologie, non invasif permettant de voir avec beaucoup de finesse les structures internes du corps humain. Le patient passe au centre d’un appareil émettant des ondes électromagnétiques. Les délais d’attente pour un IRM sont souvent longs. L’IRM, en raison de sa technologie par ondes électromagnétiques, est contre indiqué lorsque le patient est porteur d’un matériel métallique ou électronique (pacemaker, prothèse, etc)
Cet examen nécessite le déplacement du patient hors de la réanimation et cela peut être stressant pour le patient en grande vulnérabilité, mais le matériel nécessaire suit le patient et des soignants sont présents pour l’accompagner toute la durée du déplacement ce qui permet de rassurer et de sécuriser.
L’examen en lui même consiste à passer le patient dans le tunnel que constitue la machine, avec un bruit fort et répétitif. Pour certaines personnes, et en fonction de la zone observée cela peut être assez angoissant : s’il s’agit du haut du corps ou de la tête, par exemple, on ressentir une sensation d’oppression et de claustrophobie. Les soignants sont juste derrière la vitre, ils sont présents en permanence et entendent tout ce que dit le patient grâce à des micro : il ne faut pas hésiter à appeler en cas d’angoisse trop importante.
Les kinésithérapeutes ont un rôle majeur en réanimation. Ils passent quotidiennement auprès des patients afin d’entretenir la souplesse des articulations et faire travailler les muscles. Leur rôle est également très important dans le sevrage de la respiration artificielle et la rééducation de tous les muscles.
Domaine d’exercice paramédical visant à réhabiliter le corps. En réanimation la kinésithérapie vise à améliorer la respiration du patient (désencombrement bronchique, sevrage progressif de la ventilation mécanique), maintenir l’amplitude articulaire malgré l’immobilité du patient, et progressivement remuscler le patient.
Pour le patient éveillé, c’est un effort physique et psychologique, parfois éprouvant, étourdissant. Une simple mise au fauteuil tient de l’ascension de l’Everest ! Le patient redevient petit à petit acteur de ses mouvements et les premiers gains sont relativement rapides ce qui motive car c’est un gage vers la sortie. Après la sortie, la kinésithérapie reste souvent un accompagnement à long terme des patients en post-réanimation.
Sorte de cordon noué autour de la sonde d’intubation qui passe autour du visage pour la maintenir à la bonne profondeur. Elle est vérifiée et changée autant que nécessaire afin de rester propre et tendue. .
Dans le cas d’une trachéotomie, la lacette est remplacée par un collier de fixation en mousse.
Pour les patients immobilisés, des systèmes de lève-personne permettent aux soignants de soulever et déplacer le patient avec tout son appareillage. La difficulté n’est plus de soulever les patients, mais d’organiser tous les branchements pour éviter les noeuds ! Les lève-malades sont également parfois utiliser pour peser les patients, et peuvent être des petites machines mobiles ou bien intégrés à l’architecture de la chambre.
Lorsqu’un patient ne bénéficiera pas de certains traitements, ou ne bénéficie plus des traitements mis en place, et afin de limiter au maximum l’inconfort, la douleur et l’angoisse qu’ils entraînent, ces traitements peuvent ne pas être entrepris ou bien être arrêtés. Depuis 2004, et plus récemment en 2016, les lois Léonetti et Claeys-Leonetti encadrent ce qu’on appelle les décisions de « limitation et arrêt des traitements » (LAT). Ces décisions sont prises de manière concertée avec l’ensemble de l’équipe soignante, un consultant extérieur et en tenant compte des souhaits exprimés du patient et en informant précisément son entourage. Ces décisions sont réévaluées tous les jours en fonction de l’évolution de l’état du patient. L’arrêt de certains traitements qui maintiennent la vie artificiellement peut accélérer le processus du décès. Le cas échéant, les équipes soignantes mettent en place des soins palliatifs et la loi française autorise notamment depuis 2016 la « sédation profonde et continue jusqu’au décès », permettant ainsi une fin de vie aussi confortable que possible aux patients concernés.
Véritable outil de prévention, le lit de réanimation est une machine à manipuler avec précautions. Il permet de protéger la peau du patient, d’assurer son confort mais aussi de prévenir certaines complications de la réanimation. La position du patient dans le lit, notamment, souvent demi-assise entre 30 et 45°, permet de réduire le risque d’infection pulmonaire par inhalation de sécrétions contaminées.
Avant de manipuler le lit, il est important de s’assurer qu’aucun dispositif médical (cathéter, drain, sonde, tuyaux divers) ne risque de tirer et d’être déplacé ou arraché. En cas de doute, n’hésitez jamais à demander de l’aide ou conseil aux soignants !
Il est courant pour les patients dans le coma d’installer un matelas à air, dont les boudins se gonflent et se dégonflent à intervalles réguliers afin de varier les zones de pression entre le corps du patient et le matelas et éviter un maximum le risque d’escarres. Cela peut donner l’impression de flotter : certains patients font des rêves de réa où ils sont sur un bateau.
Il s’agit d’un petit tuyau permettant d’apporter à l’entrée des narines un supplément d’oxygène dans le cas où l’oxygène présent dans l’air ne suffit pas au patient. Lorsqu’elles ne suffisent pas, on pourra utiliser un masque, un masque avec réservoir ou décider de passer à des thérapies plus intensives comme la V.N.I (ventilation non invasive) ou la ventilation artificielle via une sonde d’intubation.
C’est souvent à l’occasion de l’adoption de ce nouvel appareil que les patients découvrent que la respiration nasale n’est pas automatique ! Car en effet, il faut bien respirer par le nez pour que l’oxygène arrive aux poumons.
Après des semaines en réanimation, elles deviennent parfois un élément rassurant pour le patient, et il peut être symboliquement difficile de s’en séparer lorsqu’elles ne sont plus nécessaires.
Un matelas anti-escarre est un matelas à système d’air qui, par le déplacement d’air dans ses boudins, modifie les points d’appui sous le corps du patient pour éviter les frottements prolongés. Cela fait du bruit, cela bouge un peu, mais ça soulage bien les zones de pression.
En revanche lorsqu’on est bien conscient et autonome, ce n’est pas toujours très confortable !
Petite compresse stérile découpée et positionnée autour de la sonde de trachéotomie pour protéger l’orifice des frottements avec le collier.
Un moniteur (ou « scope ») enregistre en permanence le rythme cardiaque et respiratoire, la pression artérielle et la saturation en oxygène dans le sang. Ces données sont relevées grâce à des capteurs et des électrodes reliés au scope par des câbles. Les moniteurs sont configurés pour alerter le personnel soignant si l’état du patient est instable. Ces moniteurs sont également connectés à des stations de surveillance centrales afin que l’état du patient reste surveillé en permanence, même lorsque le personnel soignant est hors de la chambre.
La mort encéphalique, ou mort cérébrale n’est pas le coma. Il s’agit d’un état irréversible où une partie cruciale du cerveau est détruite, sans possibilité de récupération. En réanimation, il arrive que les patients passent en mort encéphalique alors qu’ils sont toujours reliés à des machines qui maintiennent l’apparence de la vie : respirateur qui fait se soulever la poitrine, circulation extra-corporelle qui fait circuler le sang, adrénaline ou noradrénaline qui maintiennent l’activité cardiaque et la pression artérielle. Le diagnostic de mort encéphalique repose sur des critères précis et spécifiques. Une fois que ce diagnostic est posé, le certificat de décès est signé par le médecin. Même si les machines peuvent maintenir l’apparence de la vie dans le corps quelques temps, les fonctions d’un corps dont le cerveau est détruit deviennent très vite, très instables et il n’est pas possible de maintenir les choses très longtemps. La mort encéphalique est l’une des situations autorisant le don d’organes en France.
Dans le cadre du sevrage de la trachétomie, différentes étapes sont prévues pour sécuriser le retour à l’autonomie respiratoire du patient. L’étape du nez artificiel intervient lorsqu’on débranche le patient de la ventilation mécanique. Le « nez artificiel » est un embout qui forme un petit T lorsqu’il est positionné sur l’extrémité extérieure de la canule de trachéotomie, pour protéger tout simplement les voies aériennes des impuretés et humidifier l’air inspiré, comme le fait le nez humain avec ses poils.
Médicaments administrés par perfusion, à débit continu et extrêmement précis, et dont la fonction est d’améliorer le travail du cœur ou d’augmenter la pression artérielle.
La nuit, les bruits du service s’estompent, les lumières se tamisent. Les soignants font leur tour discrètement, essaient de favoriser le sommeil chez les patients. Néanmoins, les patients conscients ont souvent du mal à dormir et cela peut générer des angoisses.
Pour administrer les médicaments, on les dilue dans des solutions à base d’eau afin de ne pas irriter les veines. Ainsi, chaque jour, les patients reçoivent de grandes quantités de liquides, et malgré les traitements destinés à favoriser l’élimination, il est extrêmement courant que les patients de réanimation aient des œdèmes. Les membres gonflent, notamment les mains. Il arrive dans certains cas que ces gonflements soient généralisés à l’ensemble du corps y compris le visage. Cela se résorbe par la suite. Les patients sont régulièrement pesés et lorsque cela est nécessaire, il est possible d’accélérer cette résorption grâce à des traitements diurétiques (qui font uriner).
Du côté du vécu patient, on peut ressentir une chaleur, des démangeaisons, une sensation que la peau s’étire et se fragilise. En cas d’oedèmes très importants, cela peut aussi provoquer de franches douleurs. En dehors de provoquer l’élimination de ce trop plein de fluides, on peut faire varier la répartition de ces oedèmes en changeant la position du patient : les oedèmes bougent avec la gravité.
C’est la nouvelle nomenclature légale de ce qu’on appelait auparavant « acharnement thérapeutique ».
Il est fréquent qu’un patient intubé perde l’odorat car le trajet de l’air est déplacé dans des tuyaux et n’active plus certains capteurs sensitifs du trajet habituel. Cela revient par la suite !
L’ordinateur est un outil précieux en réanimation !
De plus en plus de services sont informatisés. Selon le niveau d’informatisation du service, l’ordinateur peut recueillir en temps réel toutes les données issues des machines connectées de la chambre du patient. Cela permet une traçabilité optimale de toutes les informations de surveillance mais aussi de traitement du patient.
L’ordinateur contient évidemment le dossier de soin, et les prescriptions médicales, qui sont actualisées en permanence par les médecins responsables du patient, le matin après avoir pris connaissance des derniers résultats d’examens, et au fur et à mesure de la journée, selon l’évolution des paramètres vitaux (pouls, tension, saturation en oxygène mais aussi tous les autres paramètres recueillis grâce aux machines tout au long des 24h) et l’évolution de l’état du patient.
L’oxygénation à haut débit (ou OHD) est une technique médicale qui permet de fournir aux patients une grande quantité d’oxygène avec de la pression, via des petites canules placées à l’orée des narines. Elle aide les personnes dont la respiration est difficile à mieux respirer, à maintenir un bon niveau d’oxygène dans le sang, et peut éviter ou retarder le recours à un respirateur mécanique.
La pression ressentie est parfois un peu intense mais on finit généralement par s’y habituer. Le mélange gazeux insufflé est réchauffé à l’aide d’un humidificateur chauffant ou « cocotte ». Il est possible de diminuer un peu la température du réchauffeur si besoin, mais il est nécessaire de maintenir une certaine humidification pour ne pas créer de lésions pulmonaires ou au niveau des muqueuses des voies respiratoires à cause de la sécheresse des gaz.
Il est nécessaire de fermer la bouche et de respirer par le nez pour éviter les fuites du mélange gazeux administré par le nez via la bouche.
Les soins palliatifs sont les soins mis en oeuvre afin de soulager les symptômes en vue de permettre au patient la vie la plus confortable possible.
Souvent opposés aux soins curatifs dans le discours grand public, et associés dans l’imaginaire collectif à la fin de vie, ils s’agit en réalité de tous les soins visant à apporter du confort : ce soins utiles à réaliser dès la phase aiguë en parallèle des soins curatifs (c’est à dire les soins visant directement à la guérison de la maladie).
En fin de vie, ou en l’absence de projet curatif, toute la prise en charge va se concentrer sur ces soins dits palliatifs, afin d’offrir au patient les derniers instants les plus confortables possibles. Selon l’adage, c’est « tout ce qui reste à faire lorsqu’il n’y a plus rien à faire ».
ou Pneumopathie Acquise sous Ventilation Mécanique : il s’agit d’une des complications les plus fréquentes de la ventilation mécanique : les germes naturellement présents dans la bouche passent le long de la sonde d’intubation malgré les précautions prises et les soins de bouche régulier et provoquent une infection respiratoire qui vient se surajouter aux problèmes pré-existants. De nombreuses mesures sont prises en réanimation pour éviter les P.A.V.M. : la position demi-assise dans le lit, les soins de bouche réguliers, l’aspiration en fond de gorge, la vérification fréquente de la pression du ballonnet qui se situe au bout de la sonde d’intubation et retient les sécrétions buccales, etc. mais ces mesures ne suffisent pas toujours à prévenir la survenue de cette infection chez les patients de réanimation, par définition très fragiles.
Le mot peut désigner le cathéter qu’on insère (« je vous pose une perfusion ») ou le liquide administré (« la perfusion est terminée »)
Du point de vue du patient, c’est une poche accrochée au dessus de lui, qui s’écoule dans ses veines via un cathéter et qui peut parfois être investi d’une symbolique temporelle. Une patiente dit que ses perfusions étaient devenu « un jeu de repère dans le temps : regarder s’écouler le liquide, compter le nombre de poches etc. »
Une autre dit « c’est comme un sablier dont les grains s’égrènent lentement, leeeeentement »
Il s’agit d’une personne majeure, désignée par le patient au préalable (membre de la famille, ami, voisin, médecin traitant…) pour recevoir les informations médicales et rapporter les souhaits du patient s’il est dans l’incapacité d’exprimer sa volonté.
Il est important que cette personne puisse avoir des discussions en profondeur avec le patient afin de porter au mieux ses souhaits puisqu’elle devra s’exprimer au nom du patient et non à titre personnel. Cette désignation est médico-légale et doit s’effectuer par écrit, sur papier libre ou sur le formulaire proposé par le service. Le document de désignation doit préciser les coordonnées de la personne de confiance, et comprendre la signature du patient mais aussi de la personne de confiance désignée.
La personne de confiance peut posséder un exemplaire des directives anticipées afin de le faire valoir le moment opportun. La désignation de la personne de confiance est révisable et révocable à tout moment.
Lorsqu’on parle de « saturation » on parle généralement de la saturation de pouls en oxygène, mesurée par un capteur qui ressemble à une petite pince que l’on met au bout du doigt ou parfois sur le lobe de l’oreille. Cette mesure est un bon reflet de l’oxygénation du patient mais n’est pas aussi précise que la saturation artérielle en oxygène, obtenue en réalisant un prélèvement sanguin artériel (les « gaz du sang »)
Une pompe à perfusion (ou un pousse-seringue) est un dispositif qui permet d’injecter des médicaments et des liquides dans les veines, par l’intermédiaire d’un cathéter. Le pousse-seringue ou la pompe à perfusion permet d’adapter de façon très précise le débit des médicaments.
Le pot à urine permet de vider la poche à urines du patient et de quantifier régulièrement la quantité d’urines produite : c’est un indicateur précieux pour évaluer la fonction rénale.
Il s’agit souvent de grands pots en plastique stockés dans la chambre, et vidés une fois par jour au moment du bilan entrées/sorties.
Voir sonde urinaire
Les poumons sont les organes de la respiration. Ils ont deux grandes fonctions :
Lors de l’insuffisance respiratoire, les poumons échouent à jouer leur rôle. Dans certains cas, un simple « coup de pouce » peut être suffisant, en leur apportant un peu plus d’oxygène, ou en insufflant le mélange gazeux adapté aux besoins du corps avec une certaine pression (voir V.N.I.).
Dans des cas plus graves, il sera nécessaire d’intuber le patient et de le mettre sous respiration artificielle pour pouvoir contrôler de façon extrêmement précise les proportions du mélange gazeux adapté aux besoins du patient, tout en protégeant au maximum les poumons fragilisés par l’agression en cause.
Les prescriptions sont actualisées en permanence par les médecins responsables du patient, le matin après avoir pris connaissance des derniers résultats d’examens et au fur et à mesure de la journée, selon l’évolution des paramètres vitaux (pouls, tension, saturation en oxygène mais aussi tous les autres paramètres recueillis grâce aux machines tout au long des 24h) et l’évolution de l’état du patient.
La réanimation est un environnement et une expérience difficile pour les patients et proches, et potentiellement traumatique. De plus en plus de services s’équipent d’un.e psychologue afin d’accompagner le patient et ses proches. La connaissance du psychologue de l’environnement réanimation, de ses enjeux et sa réalité est souvent décrit comme un plus par les patients et les proches. Un soutien psychologique est une aide précieuse pour traverser cette épreuve, et être guidé pour la suite.
Les radio pulmonaires sont très fréquemment réalisées en réanimation : elles permettent un suivi de l’évolution de la pathologie pulmonaire mais aussi la vérification du bon emplacement des sondes (sonde d’intubation, sonde gastrique) et des cathéters veineux.
Elles sont réalisées au lit du patient grâce à un appareil de radio mobile. On glisse une plaque dans le dos du patient, c’est un peu dur et froid le temps de prendre la « photo », on règle la hauteur du bras qui envoie les rayons X permettant d’impressionner la pellicule, un petit clic et c’est terminé.
Le mot « réanimation » est polysémique, il peut désigner :
– la spécialité médicale, relativement récente dans l’histoire de la médecine, on date généralement sa naissance des années 50 où les premiers regroupements de malades critiques et nécessitant de la ventilation mécanique ont été réalisés, dans le contexte de la grande épidémie de poliomyélite.
– le service de soins accueillant les malades les plus graves de l’hôpital, ou les plus à risque de s’aggraver. Le grand public connaît mal cette spécialité qu’il confond souvent avec les urgences où la salle de réveil après une opération. La représentation de ces services dans la culture populaire est souvent très romancée et loin de la réalité. On est peu préparé à entrer dans un service de réanimation.
– la réanimation désigne également les soins techniques et médicaux administrés à ces patients dans un état grave afin de suppléer (remplacer) les organes devenus inefficaces par la maladie aiguë le temps que le corps “passe le cap” de la phase aiguë, les anglais utilisent le mot « ressuscitation ». La réanimation en tant que prise en charge intensive de suppléance d’organes ne peut être poursuivie très longtemps car l’équilibre qu’elle permet de maintenir est très instable et fragile.
– ce mot désigne aussi souvent pour les patients l’expérience du séjour en réanimation, comme le dit une patiente, c’est « un monde à part d’où l’on ne revient pas indemne ».
Pour faire avancer les connaissances scientifiques et améliorer les techniques de soin, les services de réanimation prennent part à la recherche scientifique de manière très active. Les données recueillies au cours de l’hospitalisation du patient sont susceptibles d’être secondairement exploitées de manière anonyme pour des travaux d’évaluation et de recherche. En outre, l’accord du patient lui-même ou de ses proches pourra être demandé pour mener des études comparatives entre différents types de traitements ou de prise en charge. Pour cela, un formulaire de consentement sera communiqué au patient s’il est capable de le lire et le comprendre, ou à ses proches le cas échéant, et devra être signé. Ce formulaire détaille les modalités de l’étude proposée au patient ou à ses proches. Bien entendu, le patient ou ses proches sont tout à fait libres de refuser et cela ne modifiera en rien la prise en charge ni les rapports avec l’équipe soignante. Dans le cas où le consentement est donné par les proches, son consentement sera redemandé au patient une fois qu’il sera de nouveau en mesure de prendre des décisions pour lui-même.
Du point de vue des patients, la participation à la recherche peut être gratifiant, savoir que son vécu difficile peut servir à améliorer les choses pour les suivants.
Période plus ou moins longue au cours de laquelle le patient va progressivement travailler sur ses séquelles physiques et cognitives afin de retrouver la vie la plus normale possible. Elle débute dès la réanimation (on parle de réhabilitation précoce) et se poursuit souvent dans un centre spécialisé, avant le retour à la maison où un suivi par des spécialistes médicaux (en fonction des atteintes organiques) et paramédicaux (souvent kinésithérapeutes a minima) continuent l’accompagnement du patient jusqu’à ce qu’il se sentent en mesure de reprendre sa vie.
Le respirateur (ou ventilateur) est une machine permettant d’administrer aux patients un mélange gazeux adapté à leurs besoins en en contrôlant le volume et la fréquence. Cela permet de maintenir une teneur en oxygène stable et suffisante dans le sang des patients ainsi que d’en éliminer le gaz carbonique. Le respirateur assiste la fonction respiratoire en cas de défaillance pulmonaire et/ou cardiaque, mais on l’utilise aussi lorsque le patient est dans le coma afin de protéger les poumons du patient des infections. Pour cela, le patient sera relié au ventilateur grâce à la sonde d’intubation placée dans sa trachée. La mise en place de cette sonde s’effectue toujours sous anesthésie.
En fonction des besoins et de l’autonomie du patient, le respirateur peut être réglé de différentes manières pour lui apporter l’aide mais aussi le confort dont il a besoin.
Le réveil est un moment très attendu par les proches des patients en réanimation. Cependant il est souvent bien différent de ce que l’on voit dans les films : plus la phase de sédation (coma artificiel) aura duré longtemps, plus les organes de l’élimination (foie et reins) auront été touchés, plus les médicaments sédatifs prendront de temps à être éliminés : le « réveil » peut en réalité se faire sur des jours et de façon très progressive.
Le patient peut mettre un temps long à reprendre pied, à comprendre ce qu’il se passe autour de lui, et les soins prodigués, il peut avoir l’air éveillé mais perdu, il vit des sensations étranges et n’intègre pas tout ce qu’il se passe autour de lui dans les premiers temps. Certains patients décrivent ce moment comme une « sensation gluante, comme si j’étais happée par des sables mouvants, les yeux qui n’arrivent pas à s’ouvrir, la tête qui n’arrive pas à bouger » ou un « moment long, diffus, loin des clichés véhiculés par les films »
Voir la page Le vécu du patient
Lorsqu’on parle de « saturation » on parle généralement de la saturation de pouls en oxygène, mesurée par un capteur qui ressemble à une petite pince que l’on met au bout du doigt ou parfois sur le lobe de l’oreille. Cette mesure est un bon reflet de l’oxygénation du patient mais n’est pas aussi précise que la saturation artérielle en oxygène, obtenue grâce aux gaz du sang.
Sur le court terme, le port de la pince de saturation est indolore, mais avec le temps, on peut commencer à ressentir une gêne voire une douleur, un pincement : on peut le changer de doigt, le mettre au pied, ou utiliser un autre type de pince pour l’oreille afin de varier les pressions. Avec le temps, ce petit capteur peut aussi devenir rassurant.
Le scanner, aussi appelé tomodensitométrie, est un examen à rayons X. Le principe consiste à réaliser des images en coupes fines d’une partie du corps. Le tube de rayons X tourne autour du corps du patient et des images sont obtenues informatiquement. Il faut ensuite les ‘lire’ pour permettre un diagnostic.
Lors d’un scanner, le patient est allongé sur le dos, immobile, les bras le long du corps ou derrière la tête, sur un lit d’examen qui va se passer à travers une sorte de gros anneau. C’est là que les différents clichés sont pris.
L’équipe soignante est à portée de voix grâce à un micro et surveille le bon déroulé de l’examen derrière une vitre.
Selon les besoins, un produit de contraste à base d’iode est utilisé pour améliorer leur qualité, il est généralement injecté par perfusion. Cette injection peut donner l’impression d’une bouffée de chaleur à certains patients.
Un moniteur (ou « scope ») enregistre en permanence le rythme cardiaque et respiratoire, la pression artérielle et la saturation en oxygène dans le sang. Ces données sont relevées grâce à des capteurs et des électrodes reliés au scope par des câbles. Les moniteurs sont configurés pour alerter le personnel soignant si l’état du patient est instable.
Ces moniteurs sont également connectés à des stations de surveillance centrales afin que l’état du patient reste surveillé en permanence, même lorsque le personnel soignant est hors de la chambre. Ici, la courbe verte représente l’électrocardiogramme (activité électrique du coeur) et le chiffre vert correspond à la fréquence cardiaque. La courbe bleue représente l’onde de pouls et le chiffre correspond à la saturation de pouls en oxygène, qui permet de monitorer l’oxygénation du sang, et la courbe rouge correspond à la pression artérielle mesurée de façon continue grâce à un cathéter artériel. Les chiffres représentent la « tension » et le chiffre entre parenthèse la pression artérielle moyenne, un indicateur précieux pour les soignants.
Voir la page la surveillance continue
Le S.D.R.A. ou Syndrome de Détresse Respiratoire Aiguë est une défaillance respiratoire majeure nécessitant l’intubation et la ventilation du patient (respiration artificielle). Le S.D.R.A. peut avoir de nombreuses causes, dont les plus fréquentes sont bactériennes ou virales. La prise en charge consiste à traiter la cause et à suppléer les organes le temps du traitement de la cause.
Mucus produit par les poumons, qui peut être abondant et purulent en cas d’infection.
Cette matière collante peut prendre différentes couleurs et renseigne les soignants sur l’évolution pulmonaire du patient.
Elles génèrent un confort important pour les patients conscients lorsqu’elles s’accumulent, un peu comme lorsqu’on se sent encombré quand on a une bronchite mais avec l’impossibilité de tousser, d’expectorer. Des ronflements dans la gorge ou la saturation qui diminue peuvent être des signes qu’il faut aspirer.
Voir aspiration.
Administration de médicaments permettant d' »endormir » le patient, de le plonger dans un coma artificiel. Cela est réalisé dans plusieurs indications : mettre un ou plusieurs organes au repos, éviter la douleur lors d’une procédure invasive (geste désagréable, ou opération chirurgicale), permettre aux patients de mieux tolérer le respirateur. Voir anesthésie.
Le sevrage consiste en l’arrêt progressif d’un traitement. On parle notamment de sevrage respiratoire, un processus qui peut prendre de quelques jours à plusieurs semaines dans certains cas. On peut également parler de sevrage des catécholamines.
Phase de la prise en charge qui vise à rendre son autonomie respiratoire au patient.
On va progressivement diminuer les niveaux d’aide sur le respirateur, en fonction de la durée de la phase aiguë, les patients peuvent avoir plus ou moins perdu de muscles. Le passage par une trachéotomie transitoire peut faciliter et accélérer le processus de sevrage, permettant de débrancher le patient du respirateur quelques heures par jour tout en gardant la possibilité de le rebrancher notamment la nuit et sur les phases de repos. La réhabilitation musculaire est également très importante dans ce processus : mise au fauteuil, verticalisation, etc sont autant de moyens de remuscler la cage thoracique du patient et de l’aider à récupérer plus vite.
Le sevrage est une période d’efforts progressifs très fatigants pour les patients, et les difficultés à respirer seul au début peuvent être vraiment angoissant. Des stimuli apaisants et des moyens de divertir l’attention du patient de sa respiration peuvent aider à ne pas se focaliser et majorer l’angoisse.
Certains patients décrivent « une sensation de faire grandir ses poumons » plutôt agréable lorsqu’ils respirent à nouveau seuls.
Oui, le shampooing est possible en réanimation! En termes techniques on dit « capiluve ».
Ne représentant pas de caractère d’urgence, il est généralement réalisé les jours où les soignants disposent d’un peu plus de temps devant eux, et lorsqu’ils peuvent prendre un peu de temps pour en faire un vrai soin « bien-être », mais on peut aussi le réclamer si besoin !
Parfois, le cuir chevelu démange et cela peut être vraiment apaisant pour le patient de se sentir propre aussi au niveau de la tête !
Tips de Réanimé : Apporter aux soignants des masques démêlants pour les cheveux longs peut sauver les crinières les plus longues, crêpées entre le crâne et les draps depuis l’arrivée…
Les soins de bouche sont des soins permettant de maintenir la cavité buccale propre et limiter les risques de contamination pulmonaire par la salive et les bactéries qu’elle contient.
Ils consistent à passer sur toutes les surfaces de la bouche des bâtonnets ressemblant à de gros coton-tiges avec un coton d’un seul côté. On trempe les bâtonnets dans du bain de bouche mentholé et on les passe sur les dents, la langue, le palais, l’intérieur des joues. On aspire la salive et le liquide qui a coulé en fond de gorge. On en profite aussi à intervalles réguliers pour regarder à la lampe de poche si on voit des éléments anormaux : dent abîmée, rougeur anormale, gonflement.
Ces soins sont nécessaires à la prévention des pneumopathies acquises sous ventilation mécanique. Pour le patient cela peut être agréable et rafraichissant ou un peu intrusif, comme ce qu’on ressent chez le dentiste. Les patients confus vont souvent chercher à mordre le bâtonnet.
Voir bâtonnet.
Une sonde gastrique (ou sonde d’alimentation) est un tuyau en plastique dont l’extrémité aboutit dans l’estomac. Elle peut servir à vidanger l’estomac du patient dans certains cas, ou, plus fréquemment, à nourrir le patient au cours de son séjour en réanimation. Le patient reçoit par cette sonde une alimentation équilibrée, comportant des quantités adaptées de glucides, protéines, lipides, vitamines et sels minéraux. La sonde gastrique peut être insérée par le nez ou par la bouche. Parfois, une sonde qu’on appelle de « gastrostomie » peut être insérée directement dans l’intestin grêle par une petite intervention chirurgicale. La sonde gastrique par le nez est plus confortable après l’extubation car elle laisse la bouche libre pour parler, mais peut entraîner un inconfort voire des douleurs sur le trajet qu’elle prend notamment dans le nez ou en fond de gorge. La pose par le nez est parfois douloureuse.
Moins solidement arrimée que d’autres tuyaux plus vitaux, l’arrachage de la sonde gastrique est un grand classique dans l’histoire des patients de réanimation, par inadvertance ou par agacement de la sensation. Malheureusement il est généralement obligatoire de la reposer pour permettre au patient de recevoir les apports nécessaires à sa bonne réhabilitation et cela n’est pas un moment très agréable…
La sonde d’intubation est un tuyau en plastique que l’on passe par la bouche (ou dans de rares cas par le nez) et qui va aller se positionner au niveau du carrefour entre les deux poumons pour permettre la respiration artificielle (ventilation). Elle est généralement fixée avec un cordon qui entoure la tête du patient. Ce dispositif de fixation peut creuser un peu les joues. Il est important que la sonde ne bouge pas pour assurer la ventilation la plus précise et la plus efficace possible.
La sonde d’intubation possède sur l’extérieur un ballonnet qui est gonflé après la pose pour envahir tout l’espace entre la trachée et la sonde, et faire en sorte qu’aucune sécrétion venant de la bouche ou de l’estomac ne tombe dans les poumons.
L’état du ballonnet est vérifié régulièrement et les sécrétions éventuellement retenues par le ballonnet sont aspirées par une petite canule par les kinésithérapeutes.
Tous les jours, on vérifie que la sonde d’intubation est insérée à bonne profondeur et les soignants changent la lacette, sorte de cordelette qui maintient le matériel à l’extérieur de la bouche. On trouvera attaché à la sonde d’intubation la sonde d’alimentation, qui elle sera dirigée vers l’oesophage.
L’intubation empêche de :
> parler
> manger
> boire
C’est un matériel qui peut être très angoissant pour certains patients, car il envahit la bouche et le tuyau passe devant le bas du visage). Avec la sonde, la bouche reste en permanence un peu ouverte : cela assèche beaucoup l’intérieur de la bouche, la langue, l’intérieur des joues etc et peut décupler la sensation de soif.
La sonde urinaire est un simple tuyau en plastique très souple, permettant de drainer l’urine hors de la vessie chez les patients chez qui il est nécessaire de quantifier les urines mais également, chez les patients dans le coma, pour éviter qu’ils ne restent humides toute la journée.
Ce tuyau est connecté à une poche de recueil et reste maintenu en place grâce à un petit ballonnet qui est gonflé dans la vessie et évite à la sonde de glisser hors du corps. Quantifier les urines participe de la surveillance du bon fonctionnement des reins. La sonde urinaire est donc nécessaire aux patients de réanimation mais, comme tout dispositif interne, peut donner lieu à des infections.
Du point de vue sensoriel, cela peut-être déroutant : la vessie n’ayant pas un éventail de capteurs sensoriels très variés, le corps étranger que constitue la sonde peut être interprété comme une envie d’uriner. Mais en réalité, avec une sonde, la vessie est toujours vide ! Certains médicaments peuvent aider avec cette sensation (on appelle cette « envie d’uriner » liée à ces sensations « poussée sur sonde »), et parfois il suffit juste d’un peu de temps pour que le corps s’habitue.
Raccordement temporaire ou permanent d’un bout du tube digestif (œsophage, intestin, colon…) ou d’un élément de l’appareil urinaire au ventre par une petite ouverture. Créée lors d’une intervention chirurgicale, cette ouverture est destinée à évacuer les selles ou les urines lorsqu’elles ne peuvent plus être éliminées par les voies naturelles. Celles-ci sont alors recueillies dans une poche spéciale, collée directement à la peau.
Le stéthoscope est un outil médical qui permet d’amplifier les bruit du corps et de permettre aux médecins de poser de nombreux diagnostics, et aux infirmiers et aux kinésithérapeutes de détecter, à l’oreille, des modifications de l’état du patient.
Avec un stéthoscope on écoute le coeur, les poumons mais aussi le ventre ! Les infirmiers s’en servent d’ailleurs pour vérifier le positionnement de la sonde gastrique.
L’embout rond qui est posé sur le corps est parfois un peu froid.
Le stress post-traumatique est un trouble qui peut apparaître après avoir vécu ou été témoin d’un événement violent ou bouleversant, comme un accident grave, une agression, ou, dans le cas qui nous concerne, une hospitalisation en réanimation. Il peut toucher les patients comme leurs proches.
Il faut y penser lorsque plusieurs mois après la réanimation, la personne continue de revivre le traumatisme en pensées ou en cauchemars, être très anxieuse, évite toutes situations qui lui rappellent l’événement (consultations à l’hôpital par exemple), et présenter des changements d’humeur ou de comportement.
Ce trouble nécessite un suivi et un accompagnement adaptés pour aider la personne à se rétablir. Des thérapies efficaces existent, comme les thérapies cognitive comportementales, l’EMDR et d’autres thérapies comme les thérapies d’exposition. Une consultation avec un professionnel de la santé mentale diplômé d’état (psychiatre, psychologue) peut permettre de clarifier les besoins et d’initier un accompagnement afin de retrouver la sérénité.
Voir la page Les conséquences psychologiques de la réanimation
La température des patients de réanimation est une donnée très importante qui est relevée de multiples fois par jour : toutes les 2-3 heures au minimum, mais parfois beaucoup plus !
La température peut être prise dans l’oreille avec certains thermomètres, ou sous le bras avec d’autres, ou encore en continu, via des capteurs insérés dans certaines sondes ou cathéters.
La mesure de la température permet de détecter précocement les infections, qui sont fréquentes en réanimation malgré toutes les mesures prises pour les éviter, car les patients sont particulièrement fragiles et il est important de les détecter le plus tôt possible. Dans certains cas, on peut avoir besoin de mettre les patients en hypothermie c’est à dire baisser la température corporelle entre 34 et 36° : là aussi, la surveillance précise de la température permet de maîtriser cette hypothermie.
Risque lié à l’alitement, aux éventuels troubles de la coagulation ou aux corps étrangers insérés dans les troncs veineux et artériels (cathéters, canules d’ECMO). Pour prévenir les thromboses, on administre aux patients de réanimation des anticoagulants, souvent sous forme d’injections sous cutanées dans les cuisses et/ou dans le ventre. Cela peut laisser des bleus et des indurations qui disparaitront avec le temps.
La toilette en réanimation est généralement réalisée au lit du patient, à l’aide d’une cuvette et de gants de toilette jetables. On procède par partie du corps en maintenant couverte la partie non lavée pour préserver la pudeur.
Zone par zone, on commence par laver la peau à l’eau et au savon, puis l’on rince, et on sèche.
Le moment de la toilette peut être vécu très différemment par les patients : moment de réconfort et de douceur, d’abandon et de bien-être, ou bien gêne, inconfort, embarras.
Du point de vue des soignants, c’est un acte routinier, pratiqué pour maintenir l’hygiène de tous les patients de réanimation, particulièrement fragiles et susceptibles de présenter des infections : c’est un soin comme un autre, que l’on peut prolonger un peu s’il est agréable pour le patient (et qu’on a le temps) ou bien réaliser rapidement de façon technique si c’est plus confortable pour le patient de ne pas prolonger les choses.
Les services de réanimation sont rythmés par les « tours » des soignants auprès des patients. A intervalles régulier, le binôme infirmier-aide-soignant passe dans les chambres des patients dont ils s’occupent afin de réaliser les soins et la surveillance.
Selon les organisations de service et les spécialités, ces tours s’effectuent toutes les 2, 3 ou 4h.
Les médecins font également leurs tours à un rythme plus espacé.
Tous restent disponibles pour gérer toute situation urgente en dehors des tours bien évidemment.
Petite intervention qui consiste à placer une sonde respiratoire (tuyau en plastique souple) directement dans la trachée, via une incision à la base du cou. On l’effectue dans le but de faciliter et d’accélérer la récupération d’une autonomie respiratoire lorsque le processus (sevrage) est trop long et/ou inconfortable pour le patient.
Une fois la cicatrisation des parois faite, le matériel mis en place ne provoque plus de douleurs. On peut le toucher sans danger (mais pas l’enlever !). C’est un matériel certes impressionnant et un peu effrayant (certains patients peuvent ressentir du dégoût), mais il favorise largement la rééducation et permet de libérer la bouche et la gorge. En comparaison de la sonde d’intubation, la sonde de trachéotomie diminue la sensation d’oppression du matériel sur le visage, et la sécheresse et la sensation de soif liées à l’ouverture permanente de la bouche sur une sonde d’intubation.
Des sécrétions peuvent s’écouler par l’orifice autour de la sonde, ce n’est pas hermétique. Et c’est désormais par cette canule que les aspirations endo-trachéales sont réalisées pour désencombrer les bronches.
Durant la période où la trachéotomie est en place, des soins quotidiens sont réalisés visant à :
– nettoyer la peau autour de la sonde de trachéo avec une compresse imbibée d’eau stérile (tiède ou fraîche selon le souhait du patient) et parfois d’antiseptique en cas d’inflammation ou d’infection
– changer la métalline (compresse positionnée autour de la sonde pour éviter les frottements)
– changer la lacette ou le collier de trachéo : manoeuvre impressionnante pour le patient, car si la sonde bouge, on a l’impression qu’on va être décanulé ! Quand le patient peut aider, il peut maintenir la canule en place dans son cou tandis que le soignant ajuste la longueur du collier.
Le collier peut irriter un peu et agacer à la longue : de petits massages du cou avec du frais lors des soins où le collier est temporairement enlevé sont souvent bien appréciés.
Sur des temps longs de port de trachéotomie, notamment en SRPR, il est fréquent de changer la sonde de trachéotomie tous les mois. La canule est alors retirée et la nouvelle canule réinsérée aussi sec. On peut proposer une légère anesthésie pour ce soin, ou le faire sans selon les nécessité de la situation du patient. Cela peut être un peu douloureux, un peu angoissant, avec une sensation de frottement sur les parois à l’intérieur, et cela peut créer de petits saignements.
Dans la plupart des cas, cette trachéotomie est ensuite retirée et l’orifice cicatrise spontanément en quelques jours. Cela laisse néanmoins souvent une petite cicatrice dans le bas du cou.
Voir Canule de trachéotomie.
Les équipes soignantes se relaient à intervalles réguliers. L’équipe qui a fini donne ses informations à la relève. Ce moment est très important pour les soignants afin d’assurer la suite de la prise en charge et le partage de toutes les informations importantes à connaître pour prendre en soin les patients en toute sécurité.
Ces moments sont sanctuarisés dans la journée et on limite au maximum les interruptions pour éviter toute perte d’information, ou tout oubli.
Cela peut donner l’impression que les équipes sont moins disponibles à ce moment-là, mais en cas d’urgence, la transmission s’arrête et tout le monde se mobilise !
Déplacement d’un patient vers un autre service de l’hôpital pour un examen ou une intervention chirurgicale. Lors de ce transport, la continuité des soins et de la surveillance se poursuit. C’est un acte délicat nécessitant une logistique particulière et un accompagnement médicalisé.
Selon l’organisation des services, et les infrastructures de l’hôpital, le transport d’un patient peut être réalisé dans son lit, ou grâce à un brancard, sorte de lit simplifié à roulettes, beaucoup moins large pour passer dans les ascenseurs, avec un matelas plus fin que celui de réanimation : cela peut paraître dur dans le dos pour le patient.
Pour mettre le patient sur le brancard, on tire généralement sur les draps : deux soignants de chaque côté du lit, et un soignant à la tête pour coordonner la manipulation, surveiller tous les tuyaux et maintenir les sondes d’intubation en place.
On part avec le respirateur et un scope de transport qui permet de poursuivre le monitorage en continu, ainsi que toutes les machines qu’on ne peut pas arrêter : pousse-seringue avec certains médicaments etc.
Lorsque le cœur du patient est défaillant, on peut être amené à le remplacer par le cœur d’un donneur qui est décédé. Cette technique nécessite un suivi médical à vie, un régime alimentaire strict, et la prise quotidienne de médicaments anti-rejets. Un greffon cardiaque peut fonctionner correctement plusieurs dizaines d’années.
Etape du sevrage de la trachéotomie permettant la parole. Il s’agit d’un nouvel embout fixé sur l’extrémité extérieure de la sonde de trachéotomie dont on aura préalablement dégonflé le ballonnet.
La valve de phonation laisse entrer l’air dans les voies respiratoires mais un système de clapet l’empêche de ressortir par la même route. Seule issue pour l’air expiré : repasser par les voies classiques > gorge, bouche, nez. Pour ce faire, on a dégonflé le ballonnet fixé dans la trachée. De cette façon, l’air remonte, passe à nouveau par les cordes vocales et peut les faire vibrer et donc permettre la parole.
« Impossible de chanter la traviata » dès la première pose de valve de phonation comme le dit une patiente : là encore, il va falloir réentraîner le corps à faire l’effort de moduler l’air de l’expiration pour articuler des mots, et les premières sessions seront fatigantes, bien que généralement très satisfaisantes car enfin, l’on peut s’exprimer !
On parle d’état végétatif lorsque, suite à une lésion cérébrale, et en l’absence de traitements sédatifs, le patient ne présente plus que des réflexes. On peut ainsi constater chez ces patients l’alternance du cycle veille-sommeil, des réflexes aux stimuli comme des mouvements des yeux, des bâillements et des mouvements involontaires. Les patients en état végétatifs sont inconscients de leur état et de leur environnement.
La ventilation non invasive ou VNI est une méthode alternative à l’intubation, qui peut s’utiliser dans certains cas précis. Elle s’effectue avec un respirateur qui insuffle de l’air de la même manière qu’en ventilation invasive mais qui utilise un masque placé hermétiquement sur le visage à la place de la sonde d’intubation.
Du point de vue du patient, la VNI peut être déroutante voire désagréable les premiers moments, car la pression de l’air qui pousse pour entrer dans les voies aériennes est très étrange et inhabituelle. Une adaptation des réglages du respirateur aux besoins et au confort du patient est importante pour assurer la bonne tolérance de cette thérapie très efficace.
Lorsque les réglages sont réalisés, la VNI peut être apaisante et rassurante par la suite.
Le masque serre parfois un peu, et des fuites d’air peuvent gêner, notamment si elles existent sur le haut d’un masque naso-buccal vers les yeux. Le bon choix du masque et l’utilisation de petites cales en silicones peuvent permettre de faire l’occlusivité et de diminuer l’inconfort anatomique.
Les virus sont des micro organismes responsables de maladies. Ils s’introduisent dans les cellules de l’organisme pour se multiplier (« être répliqués »). Ils transmettent des informations qui conduisent les cellules à produire elles-mêmes de nombreuses copies du virus, qui sont alors libérées et vont infecter à leur tour d’autres cellules. Les antibiotiques ne fonctionnent pas sur les virus mais peuvent être utilisés lorsqu’apparaît une surinfection bactérienne dans les suites de l’infection virale.
Voie Veineuse Centrale : équivalent de cathéter central.