Composer avec son état d’esprit en post-réanimation

Les suggestions proposées dans cette page ne sont  pas universelles : vous seul savez ce qui est bon pour vous. 

 

Certaines personnes n’ont absolument aucune envie de savoir ce qu’il s’est passé pour eux ni de rencontrer d’autres patients, d’autres auront besoin de temps pour le faire, parfois d’années : chacun doit trouver ce qui lui convient le mieux pour tourner la page et aller de l’avant. 

Se réapproprier son histoire

Parmi les moyens utilisés pour retrouver un sentiment de contrôle sur la situation, certains patients ressentent le besoin de se ré-approprier leur histoire, de comprendre ce qu’il s’est passé durant la phase de réanimation, notamment les périodes durant lesquelles ils étaient inconscients ou dans des états cognitifs (mentaux) altérés. 

Pour cela, il existe plusieurs possibilités :

  • La plus évidente est souvent d’interroger les proches qui vous ont entouré durant votre séjour en réanimation,
  • Dans certains services, les soignants encouragent les proches à tenir un journal de bord de l’hospitalisation en réanimation : si cela a été le cas pour vous, vous pourrez trouver dans ces recueils de nombreuses informations utiles. Parfois les proches y pensent spontanément ou tiennent des journaux pour eux qui peuvent aussi vous aider à vous ré-approprier votre histoire;
  • Vous pouvez prendre rendez-vous avec l’équipe de la réanimation afin qu’on vous explique ce qui vous est arrivé et votre prise en charge; 
  • Si votre service propose une consultation post-réanimation, profitez de ces rendez-vous pour poser vos questions;
  • Vous pouvez également demander à visiter une chambre de réanimation; 
  • Vous pouvez également demander votre dossier médical à la direction de l’hôpital. Notez qu’un dossier médical est un outil de soin qui n’est pas toujours très lisible pour les personnes n’étant pas du milieu : il peut être utile, si vous faites le choix de réclamer votre dossier, de prendre rendez-vous avec un médecin afin d’être accompagné dans sa lecture. 

Lors de vos démarches pour vous ré approprier votre histoire, sachez prendre votre temps, énoncer vos limites et les respecter. Arrêtez-vous lorsque vous sentez que les choses deviennent difficiles. Se replonger dans cette période peut être éprouvant, émouvant, angoissant : sachez vous protéger, il n’y a jamais d’urgence à se replonger dans cette période. Vous pourrez reprendre rendez-vous plus tard si le besoin s’en faisait ressentir. 

Rencontrer d'autres personnes avec une expérience similaire

Le séjour en réanimation est une expérience difficile et unique, difficilement exprimable, et il n’est pas toujours facile d’en parler avec son entourage, y compris avec les proches qui vous ont accompagné lors de votre séjour. Vos expériences sont très différentes et votre vécu de patient en réanimation peut être mêlé de souvenirs étranges et de réminiscences de rêves et de cauchemars qui semblent plus réels que la réalité elle-même. 

C’est pourquoi il est parfois utile de pouvoir en parler avec d’autres personnes étant passés par la réanimation. Rentrer en contact avec des groupes de patients peut être un bon moyen de pouvoir échanger librement sur cette période et vous permettre de vous rendre compte que certaines de vos émotions, de vos souvenirs étranges sont tout à fait normaux. 

Le réseau social Second Life peut vous permettre d’échanger avec d’autres patients, mais aussi avec des proches de patients, ce qui peut être utile pour mieux comprendre ce qu’ont traversé les personnes qui vous ont accompagné. 

 

Retrouver la sérénité

Il est courant de ressentir de l’anxiété, des inquiétudes après un séjour en réanimation. Le temps vous aidera à dépasser ces émotions petit à petit, mais peut-être trouverez-vous certaines activités utiles pour améliorer votre état d’esprit au quotidien.

  • Peut-être pouvez-vous essayer de retrouver certaines des activités qui vous apaisaient avant votre hospitalisation : vous ne vous sentirez peut-être pas suffisamment fort pour les reprendre exactement comme avant mais vous pouvez trouver un moyen de les adapter à votre niveau de forme : si vous aviez l’habitude de courir dans la nature, peut-être pouvez vous reprendre une activité qui vous permettra de combiner le bien-être de l’effort physique et le plaisir de la nature ?
 
  • Un exercice physique léger, comme de la marche, des assouplissements peuvent grandement aider à améliorer son état d’esprit, mais ne soyez pas trop exigeant avec vous-même : faites ce qui vous fait du bien, sans forcer. Les progrès que vous constaterez petit à petit vous aideront également à retrouver confiance en vous ;
 
  • Sortir de chez soi, même pour aller s’asseoir sur un banc à l’extérieur peut aider efficacement avec les ruminations;
  •  Occuper son esprit en s’adaptant à sa capacité de concentration à l’instant T peut être utile : par exemple écouter de la musique, un podcast ou jouer à un jeu;
 
  • Occuper ses mains est également souvent très efficace : peut-être pourriez vous reprendre ou débuter une activité manuelle, il existe des albums de coloriage qui vous permettront à la fois de vous vider l’esprit et de vous rééduquer pour retrouver une motricité fine, par exemple si vous avez subi une neuropathie de réanimation. Là encore, restez indulgent avec vous-même : il est normal de se sentir frustré dans sa volonté de retrouver une vie normale, mais votre corps a traversé une épreuve extrême qu’il a surmonté, il se remet doucement, laissez lui le temps de récupérer
 
  • L’anxiété est parfois difficile à surmonter, quoique l’on fasse. Une astuce peut consister à accepter cette anxiété et l’accueillir en la canalisant sur un moment défini avec un début et une fin, un quart d’heure par exemple, peut-être délimité de façon formelle grâce à un rendez-vous qui vous obligera à clore cette période de temps. Notez vos inquiétudes, essayez de les formuler précisément, cela pourra vous aider à les relativiser, ou si vous en éprouvez le besoin, à les évoquer avec un professionnel de santé ou un thérapeute. 

Consulter un thérapeute ?

Parfois, il est trop difficile de surmonter seul son anxiété. L’expérience que vous avez vécu en réanimation est une expérience de stress extrême tant pour votre corps que pour votre esprit. Vous avez eu besoin de soutien pour réapprendre des actes simples tels que respirer, manger, boire, vous lever et vous avez peut-être encore besoin de kinésithérapie ? Il faut imaginer que votre mental, lui aussi, peut avoir besoin d’aide pour se remettre de cette épreuve.

 

 

Si vous avez du mal à vous défaire de vos angoisses, si vous avez du mal à dormir, si vous avez du mal à retrouver votre confiance en vous, si vous ressentez des émotions négatives telles que la culpabilité, n’hésitez pas à demander de l’aide : votre médecin traitant pourra répondre aux questions éventuelles qui vous tracassent, vous écouter et vous aider ou vous orienter vers un thérapeute adapté à votre situation.