Gérer le stress

Prenez soin de vous

Il ne faut pas vous sentir coupable de ne pas rester au chevet de votre proche 24h/24 et 7j/7. Vous avez aussi besoin de vous reposer et de laisser votre proche récupérer.

En prenant soin de vous, vous aidez aussi votre proche. 

L’équipe soignante prendra soin de votre proche et vous contactera en cas de besoin ou s’il y a des changements dans son état. Votre présence à son chevet est bénéfique, mais c’est à son réveil et à la sortie de réanimation qu’il aura le plus besoin de vous. Sachez vous protéger. La réanimation peut être un marathon et il est important de se ménager pour ne pas craquer.

 

N’hésitez pas à aborder le sujet avec l’équipe de soin et à leur faire part des inquiétudes que vous pouvez avoir lorsque vous quittez la chambre de votre proche. Cela peut vous aider à vous rassurer suffisamment pour prendre le temps de prendre soin de vous.

Si vous n’avez pas envie de manger, ou si vous avez des difficultés à dormir, il est important de demander de l’aide. Des proches autour de vous peuvent peut-être vous aider pour les courses ou la cuisine ? Essayez de trouver quelqu’un avec qui parler de ce que vous vivez, ne restez pas seul face à la situation. Ce peut être un ami, un membre de la famille ou un professionnel de santé : médecin traitant ou psychologue.

Si vous êtes la personne référente...

Si le patient a un entourage nombreux, tous seront sûrement très concernés par la situation et ils voudront prendre des nouvelles. Si leur présence peut être la source d’un soutien très précieux, il est également possible que cela vous fatigue de répondre à chacun individuellement. Il peut être utile d’organiser une chaîne d’information ou de vous relayer dans la transmission des nouvelles afin que tout ne repose pas sur vous. Autorisez-vous également à prendre du recul et à passer le relai lorsque vous en sentez le besoin. Il est parfois important de penser à tout autre chose et se détacher un peu de la réanimation. Le journal de bord, même si ce n’est pas son rôle premier, peut aussi servir de relai à ces informations. En savoir plus sur le journal de bord.

Accompagner les enfants dont un proche est en réanimation

Si les enfants en ressentent le besoin, et si le service l’autorise, vous pouvez les emmener lors d’une visite au patient. Cette visite pourra leur permettre de mieux cerner la situation, d’évacuer certaines angoisses imaginaires, et également de se préparer à l’après-réanimation, quelle que soit l’issue : se préparer à un décès est une étape importante pour qu’un deuil puisse se faire dans de bonnes conditions, mais appréhender la gravité de la situation leur permettra aussi de se préparer à une rééducation longue, une grande fatigue ou des séquelles chez leur proche et donc adoucir la transition.

Il est important que vous en parliez d’abord avec l’équipe soignante et que des précautions soient prises pour permettre à l’enfant de se préparer à ce qu’il va voir pour limiter le choc et en faire une étape réellement aidante. 

Les psychologues des services de réanimation sont des ressources précieuses pour encadrer ces visites et aider les enfants à s’exprimer sur leur ressenti. 

Durant le séjour de leur parent en réanimation

Voici quelques conseils pour aider les enfants à gérer cette épreuve difficile : 

– Expliquer la situation à l’enfant avec des mots qu’il peut comprendre, soyez honnête tout en étant rassurant
– Essayer de conserver autant que possible les habitudes quotidiennes;
– Prévenir l’école et les organisations parascolaires qu’un proche est en réanimation;
– Il peut être important pour l’enfant d’avoir un adulte extérieur à la cellule familiale avec qui parler, afin de pouvoir s’exprimer sans avoir l’impression de rajouter du stress ou de la tristesse à ses parents;
– Offrir un espace d’expression à l’enfant afin qu’il puisse verbaliser ou dessiner ce qu’il a compris de la situation et ce qu’il ressent, vous donnera l’opportunité d’ajuster les choses;
– Comme pour les adultes, un accompagnement par un professionnel formé (psychologue par exemple) pourra être utile si la situation s’avère difficile à gérer pour l’enfant

Repérer si l'enfant est en souffrance

Repérer les symptômes de stress ou de détresse psychologique chez un enfant : 

On peut noter trois modes fréquents d’expression du stress ou de la détresse psychologique chez l’enfant :

  • L’irritabilité : impulsivité, agressivité, perte de patience et de tolérance, colère
  • La tristesse : isolement et repli sur soi, larmes, manque d’entrain. Régresser dans ses acquis peut également être un signe.
  • L’angoisse : l’enfant peut paraître hypervigilant à son environnement. Des symptômes douloureux peuvent apparaître : maux de tête, de ventre, diarrhée. 

Que faire ? 

  • Mesurer l’intensité, la fréquence et l’évolution des symptômes. 
  • Rassurer en renforçant la routine, la planification des journées
  • Favoriser l’écoute et encourager la verbalisation des émotions
  • Proposer des activités relaxantes 
  • Favoriser le défoulement par l’activité physique, le sport
  • Ne pas hésiter à consulter un professionnel de santé : médecin généraliste, pédiatre, psychologue