Le rôle des proches après la réanimation

Aider votre proche dans sa gestion du quotidien

Après la réanimation, le patient va mettre du temps à retrouver ses marques dans son quotidien. Les conséquences physiques, psychologiques et cognitives d’un séjour en réanimation vont engendrer des difficultés lors du retour à la maison et à une vie « normale ». Votre rôle en tant que proche peut être extrêmement précieux pour le patient. N’hésitez pas à lui demander en quoi il peut avoir besoin d’aide et vous assurer que l’aide apportée répond à ses besoins.

 

En savoir plus sur les conséquences physiques de la réanimation

En savoir plus sur les conséquences psychiques de la réanimation

 

 

Vous trouverez ci-dessous des idées de petites choses à mettre en place pour l’aider concrètement : 

Retour à une autre normalité

On dit souvent aux proches que tant que le patient est en réanimation, tout peut encore arriver et que c’est la sortie qui est le signe de la fin d’une période très anxiogène.

Après la sortie de réanimation, en tant que proche, vous pouvez donc ressentir beaucoup de soulagement. Enfin, la période la plus dure est derrière vous et vous aller pouvoir retrouver votre vie, un peu de légereté et dépasser l’angoisse. Vous avez raison, et vous pouvez vous réjouir et célébrer cette étape importante avec le patient et le reste de votre entourage. 

Néanmoins, si pour vous, en effet, le plus dur est probablement passé, en revanche, bien souvent, pour le patient, la phase la plus difficile commence. 

En effet, beaucoup de patients n’ont pas de souvenirs de la réanimation, ils ont souvent passé une large partie de leur séjour sédaté, dans le coma, et si cela n’a probablement pas été une partie de plaisir et qu’il leur reste des souvenirs réels et délirants de la période, leur intégration de la situation n’a pas été la même que la vôtre. 

Le décalage des vécus en réanimation

 

Et en fait, je trouve qu’il y avait un fossé, il y avait un fossé entre son état et puis l’attente que j’avais de la retrouver dans quelque chose d’hyper fort, comme si on avait vécu la même chose d’absence d’inquiétude, de peur, d’angoisse… Mais lorsqu’on a pu parler, ben elle se souvient pas quoi, « Je me souviens pas de ce qui s’est passé  » elle nous a dit.

Et en fait, tout ce temps là, nous, on l’a vécu avec un peu cette idée qu’elle aussi, elle l’avait vécu, qu’il y avait un partage ou quelque chose de commun.

 

Et en fait, non.

 

Et nous, il s’est passé plein de choses pendant ce temps là, même entre nous, de ce qu’on peut se dire, de moments de tension aussi parfois. Et puis elle, c’est comme si elle était vierge de tout ça.

 

Alors bien sur, elle se souvient de ses cauchemars, des trucs horribles qu’elle peut nous raconter d’ailleurs… Mais donc, oui, bien évidemment qu’il y a ce décalage. Elle n’était pas consciente comme nous.

Laurie, qui a accompagné son amie Marine en réanimation

Après la réanimation, le patient va commencer à réaliser ce que vous avez intégré dès les premiers jours : son pronostic vital a été engagé. C’est donc bien souvent après la sortie de réanimation, que le patient commence à prendre la mesure des choses qui lui sont arrivées.

 

 

C’est aussi dans cette temporalité là qu’il va prendre la mesure de sa nouvelle vulnérabilité, sa faiblesse physique, les conséquences psychologiques et cognitives du séjour en réanimation et du trajet qu’il lui reste à parcourir pour récupérer. Il va réaliser qu’il dépend encore des soignants, des soins, de vous. Cela peut être angoissant, déprimant. Sa confiance en lui va être chamboulée et mise à l’épreuve. Souvent, les patients en post-réanimation vont aussi se sentir coupables : culpabilité d’avoir malgré eux infligé de la souffrance à leur familles, à leurs proches ; culpabilité de ne pas récupérer plus vite et retrouver son indépendance, son rôle social et familial d’avant la réanimation.

 

De nombreux facteurs peuvent s’ajouter et créer le lit d’une dépression, fréquente après la réanimation. Restez à l’écoute.

Si pour vous, après la réanimation, il ne s’agit plus que d’aller de l’avant et de se réhabiliter; si vous, en tant que proche, vous avez bien conscience du chemin déjà parcouru, ce n’est pas le cas du patient qui se voit en bas d’une immense montagne sans être certain de réussir à remonter au sommet.

 

 

Un autre élément de discorde peut également se situé dans le besoin que les patients vont avoir de comprendre et de revenir sur cette période dont ils n’ont pas beaucoup de souvenirs clairs, quand vous, vous aurez peut-être envie de passer à autre chose. Si pour vous, ces échanges sont trop pénibles, envisagez de passer par l’écrit, ou d’établir des moments dédiés pour ces échanges tout en sacralisant d’autres moments où vous convenez ensemble de ne pas parler de réanimation.

Vous aurez aussi envie de retrouver la personne aimée comme avant, de retrouver la vie d’avant au moment où le patient, lui, va commencer à réaliser qu’il n’est plus tout à fait le même. Qu’il ne sera plus jamais exactement comme avant et aura besoin que vous le compreniez. Traverser une expérience comme un séjour en réanimation ne laisse pas indemne. Pour certains patients, une quête identitaire peut s’avérer nécessaire.

 

Ces décalages peuvent être difficile à vivre et chahuter votre équilibre relationnel. Beaucoup de dialogue peut être nécessaire, parfois une thérapie à deux peut s’avérer utile, ou la possibilité d’échanger avec d’autres proches qui vivent/ont vécu la même chose. 

Pour échanger avec d’autres proches de patients, passés par la même chose que vous, rendez-vous sur Second Life le réseau de la réanimation et de la vie d’après. Ce réseau fermé et sécurisé accueille patients, proches et soignants, et permet de trouver des témoignages pour se sentir moins seul,  d’échanger avec d’autres personnes qui ont vécu la réanimation et de trouver conseils et informations.