Adressez-vous directement au patient, et racontez-lui tout ce qui vous paraît pertinent de lui raconter. N’hésitez pas à lui raconter tous les événements positifs de l’hospitalisation mais également les événements difficiles et votre ressenti. En effet, ce sont aussi et même surtout ces événements qui intéresseront le patient lors de son retour à un état de conscience normale afin de prendre toute la mesure de ce qu’il aura traversé.

 

Attention cependant : s’il est utile pour l’enfant de comprendre ce qu’il a traversé et ce que vous avez traversé en tant que parent ou proche, pour autant, un journal de bord contenant des messages trop émotionnels, relatant en détail votre souffrance de parent, peut être vécu comme quelque chose de culpabilisant pour l’enfant (culpabilité d’avoir fait traverser des moments si difficiles à ses parents notamment). Si vous ressentez le besoin de vous épancher, n’hésitez pas à tenir en parallèle un journal intime où vous pourrez déverser toutes vos angoisses et vos émotions. 

Lui relater ses éventuels délires, hallucinations ou bien encore les événements anodins qui émaillent son hospitalisation lui permettront de mieux comprendre les souvenirs aberrants qu’il pourra avoir.

 

Par exemple : lui dire qu’il fixe étrangement une tache au plafond ou lui raconter qu’en raison de travaux, il a subi beaucoup de bruit toute la journée pourra lui permettre de mieux comprendre ce souvenir étrange qu’il garde d’avoir vu un animal dans sa chambre ou d’avoir eu l’impression d’être dans la cale d’un bateau !

Ne vous censurez pas, tout est bon à prendre, parce qu’en fait… on n’a rien !
Une ancienne patiente

N’hésitez pas à replacer tous les événements qui arrivent au patient dans un contexte plus vaste : raconter ce qu’il se passe à la maison (progression de la fratrie à l’école, passage des saisons, voyage d’un membre de la famille, etc.) ; relater les événements du monde extérieur (résultats d’événements sportifs en lien avec les centres d’intérêts de l’enfant, événements en lien avec ses activités sportives et artistiques, etc.) : Remettre son histoire en contexte l’aidera à se reconstruire.

Il est important :

  • D’écrire dans l’ordre chronologique du déroulé des événements
  • Que chaque entrée soit datée et signée
  • Qu’un petit mot court par jour vaut mieux qu’un long résumé de la semaine écoulée, car cela permet plus de précision dans les détails quotidiens qui seront précieux au patient
  • De continuer à écrire même après le réveil du patient, et au moins jusqu’à sa sortie du service, voire jusqu’à la disparition totale des troubles cognitifs qui peuvent perdurer de façon discrète. Il est fréquent que les patients pourtant éveillés plusieurs jours avant de sortir du service n’en gardent aucun souvenir.
 

Vous pouvez :

  • Coller des messages ou du courrier de gens qui ne peuvent pas visiter votre proche
  • Coller des enveloppes cachetées afin de garder certains messages uniquement pour votre proche. L’application Lifemapp-diary permet de rédiger des messages privés auxquels le patient uniquement aura accès.
  • Coller des photos de la vie quotidienne à laquelle il ne participe pas durant l’hospitalisation,
  • Coller des dessins de sa fratrie ou de ses copains, 
  • Il peut être intéressant pour l’enfant d’avoir accès à des photos de lui pendant son hospitalisation, pour mieux réaliser les états qu’il a traversés. Nous recommandons cependant de garder ces photos dans des enveloppes cachetées avec un message d’avertissement : se voir dans cet état pouvant être aussi bénéfique et thérapeutique que difficile à regarder. L’application Lifemapp-diary permet d’insérer des photos sous un filtre « contenu sensible » prévu à cet effet afin de permettre au patient de choisir le moment où il ouvre ces contenus et de protéger les éventuels lecteurs sensibles.