L’admission en réanimation est un moment important et angoissant pour les proches qui doivent souvent attendre longtemps, parfois plusieurs heures avant de voir le patient ou de recevoir des informations de la part de l’équipe soignante. On vous explique pourquoi.
En attendant qu’il vous soit possible de visiter l’enfant ou de parler avec l’équipe médicale, vous pouvez commencer à remplir les formalités administratives afin de gagner un peu de temps : durant les heures ouvrables, vous pouvez vous diriger vers le secrétariat de la réanimation muni de la carte vitale, carte de mutuelle ainsi qu’une pièce d’identité de votre enfant.
Vous pouvez aussi rassembler les pièces d’informations que vous possédez, relatives à son état de santé : carnet de santé et tout ce qui se rapporte au suivi médical de l’enfant, ordonnances, calendrier vaccinal, compte rendus médicaux et autres résultats d’examens récents.
La description qui suit concerne les jeunes patients les plus graves, qui présentent un choc (c’est à dire un état très grave lié à une hémorragie, une infection grave, une réaction allergique gravissime ou un problème lié à une défaillance du coeur), qui sont à risque important de passer en état de choc, ou qui arrivent dans le coma : tous les patients ne nécessitent pas tous ces soins.
Si l’enfant est arrivé intubé et sous respiration artificielle , une radio sera réalisée afin de vérifier la bonne position de la sonde et le respirateur sera adapté en fonction des examens sanguin (gaz du sang). S’il n’est pas intubé et qu’il le nécessite en urgence, la procédure est réalisée rapidement, mais peut malgré tout prendre du temps : il faut rassembler le matériel et une équipe de soin suffisante autour du patient, tout en expliquant la procédure et en rassurant l’enfant s’il est conscient.
Si le patient le nécessite, on lui posera dans le même temps des cathéters : souvent un cathéter veineux central pour passer certains médicaments qui nécessitent une voie d’abord centrale sécurisée et un cathéter artériel pour surveiller en continu la pression artérielle (tension) du patient. Ces procédures se réalisent « en stérile », c’est à dire dans des conditions d’hygiène extrêmement strictes : le médecin doit se laver longuement les mains, s’habiller avec masque, calot et casaque stérile, puis installer les champs stériles, avant de commencer à poser le cathéter. Tout cela peut prendre un peu de temps, plusieurs dizaines de minutes par cathéter.
Une fois tout cela réalisé, les infirmier.e.s et les aide.s soignant.s vont rapidement ranger la chambre de réanimation et réinstaller le patient de façon à ce que la première vision des proches, en entrant dans cet espace, soit la moins difficile possible. Simultanément, les médecins récupèrent les résultats des prises de sang réalisés un peu plus tôt et font le point dans le dossier médical sur la situation et les éléments encore obscurs.
C’est seulement à ce moment là, une fois le patient installé et la situation aussi sécurisée que possible, que l’équipe pourra prendre le temps de rencontrer les proches, leur faire part de leur compréhension de la situation à l’instant T, avec les informations dont ils disposent, leur poser les questions qui restent en suspens, puis de les faire entrer dans la chambre.
Lors du premier entretien d’admission, il est utile pour les soignants de recueillir auprès des proches du patient un certain nombre d’informations clefs comme : ce qu’ils ont compris de la situation à l’heure actuelle et s’ils ont une idée des éventuelles causes, mais aussi le traitement médical de l’enfant (quels médicaments prend-il au quotidien ?), son mode de vie, son niveau d’autonomie, mais aussi ses goûts, ses hobbies, bref tout ce qui permettra de personnaliser au mieux la prise en charge.
Ce premier entretien comprend généralement encore une grande part d’incertitude : tous les résultats des examens ne sont pas encore revenus, toutes les hypothèses ne sont pas encore confirmées ou infirmées, et plus l’instabilité du jeune patient est importante, plus grande est l’incertitude sur l’évolution des heures qui vont suivre. Cette incertitude est très difficile à vivre lorsqu’on est le parent d’un patient, et les soignants en ont bien conscience, mais n’ont généralement à ce stade pas les moyens de proposer des réponses définitives. Cette incertitude peut durer plusieurs jours. Soyez néanmoins assurés que l’équipe soignante vous tiendra au courant de toutes les évolutions de la situation.