Les suggestions proposées dans cette page ne sont  pas universelles : vous seul savez ce qui est bon pour vous.

 

Certaines personnes ne ressentiront pas plus de stress que ça, n’auront pas beaucoup de difficultés, et n’auront absolument aucune envie de savoir ce qu’il s’est passé pour eux ni de rencontrer d’autres patients. D’autres souhaiteront très très vite se plonger dans leur journal de bord et rencontrer des « pairs de réanimation ». D’autres encore auront besoin de temps pour le faire, parfois des années : chacun doit trouver ce qui lui convient le mieux pour tourner la page et aller de l’avant. 

Les facteurs de stress après la réanimation​​

Après la réanimation, les patients ont de nombreuses raisons de se sentir vulnérables et angoissés :

 

  • Ils prennent conscience différemment de la vulnérabilité de l’être humain, et la leur en particulier,
  • Ils doivent réapprendre beaucoup de choses qu’ils tenaient pour acquises (respirer, manger, marcher, mais aussi gérer le quotidien, s’habiller, s’organiser, etc. )
  • Ils vont peut-être traverser plusieurs services, de nouveaux mondes inconnus après la réanimation, et rencontrer de nouveaux soignants qui ne les connaissent pas encore,
  • Le retour à la maison peut être aussi angoissant que joyeux, voire les deux à la fois. 

 

Témoignage de Jean-Yves
L’intensité de la seconde vie

Retrouver le monde extérieur

Il est courant de ressentir de l’anxiété, des inquiétudes après un séjour en réanimation. Le temps aidera à dépasser ces émotions petit à petit. Certaines activités sont néanmoins utiles pour améliorer son état d’esprit au quotidien.

 

Tous les enfants passés par la réanimation vont traverser une période plus ou moins prolongée de fatigabilité plus importante, de faiblesse musculaire, de difficulté à retrouver son énergie d’avant. La kinésithérapie est importante, mais aussi simplement le fait de se forcer à bouger un peu tous les jours : marcher quotidiennement est un bon début. 

  • Peut-être pouvez-vous essayer de reprendre avec l’enfant les activités qui  l’apaisaient avant l’hospitalisation : s’il ne se sent pas suffisamment fort pour les reprendre exactement comme avant, vous pouvez trouver un moyen de les adapter à son niveau de forme : si vous aviez l’habitude de courir dans la nature, peut-être pouvez vous reprendre une activité qui vous permettra de combiner le bien-être de l’effort physique et le plaisir de la nature ?
 
  • Un exercice physique léger, comme de la marche, des assouplissements peuvent grandement aider à améliorer son état d’esprit, mais accompagnez l’enfant pour qu’il ne soit pas trop exigeant avec lui-même : faites ce qui vous fait du bien en famille, sans forcer. Les progrès que vous constaterez petit à petit aideront également l’enfant à retrouver confiance en lui. Oui oui, le sport est possible après la réanimation, même à l’école, si c’est adapté à son état de forme !
 
  • Sortir de chez soi, même pour aller s’asseoir sur un banc à l’extérieur peut aider efficacement avec les ruminations.

Se lancer à nouveau dans la vie

Le retour à une vie autonome et la confrontation au monde hors de l’hôpital est une étape parfois angoissante : il peut être utile de prendre conscience que votre enfant aura peut-être besoin d’être accompagné dans chacune de ces nouvelles premières fois : 

 

Se réapproprier son histoire

Parmi les moyens utilisés pour retrouver un sentiment de contrôle sur la situation, certains patients ressentent le besoin de se ré-approprier leur histoire, de comprendre ce qu’il s’est passé durant la phase de réanimation, notamment les périodes durant lesquelles ils étaient inconscients ou dans des états cognitifs (mentaux) altérés. 

Pour cela, il existe plusieurs possibilités :

Lors de ses démarches pour se ré-approprier son histoire, rappelez à l’enfant de prendre votre temps, de réfléchir à ses limites et les respecter. Arrêtez-vous lorsque vous sentez que les choses deviennent difficiles. Se replonger dans cette période peut être éprouvant, émouvant, angoissant : il est important de savoir se protéger, il n’y a jamais d’urgence à se replonger dans cette période. On peut commencer, s’arrêter, reprendre plus tard si le besoin s’en faisait ressentir. 

Consulter un thérapeute ?

Parfois, il est trop difficile de surmonter seul son anxiété. L’expérience vécue en réanimation est une expérience de stress extrême tant pour le corps que pour l’esprit. Si les patients ont besoin de soutien pour réapprendre des actes simples tels que respirer, manger, boire, se lever, s’il ont encore besoin de kinésithérapie, il faut imaginer que le mental, lui aussi, peut avoir besoin d’aide pour se remettre de cette épreuve.

 

Si vous ou votre enfant avez du mal à vous défaire de vos angoisses, si vous avez du mal à dormir, si vous avez du mal à retrouver votre confiance en vous, si vous ressentez des émotions négatives, n’hésitez pas à demander de l’aide : votre médecin traitant pourra répondre aux questions éventuelles qui vous tracassent, vous écouter et vous aider ou vous orienter vers un thérapeute adapté à votre situation. 

NB : Ce n’est pas être faible que d’avoir besoin d’aide pour prendre soin de sa santé mentale, encore moins quand on a traversé ce que vous avez traversé. Certaines études montre qu’un séjour en réanimation est une épreuve qui peut s’apparenter à ce que traversent des soldats à la guerre. L’armée organise des camps de réhabilitation mentale pour les soldats confrontés aux situations les plus extrêmes. Vous y avez le droit aussi !

Rencontrer d'autres personnes avec une expérience similaire

Le séjour en réanimation est une expérience difficile et unique, difficilement exprimable, et il n’est pas toujours facile d’en parler avec son entourage, y compris avec les proches qui vous ont accompagné lors de votre séjour. Vos expériences sont très différentes et votre vécu de patient en réanimation peut être mêlé de souvenirs étranges et de réminiscences de rêves et de cauchemars qui semblent plus réels que la réalité elle-même. 

C’est pourquoi il est parfois utile de pouvoir en parler avec d’autres personnes étant passés par la réanimation. Rentrer en contact avec des groupes de patients peut être un bon moyen de pouvoir échanger librement sur cette période et vous permettre de vous rendre compte que certaines de vos émotions, de vos souvenirs étranges sont tout à fait normaux. Vous pouvez demander à votre service de réanimation s’il propose ce type de rencontre avec d’anciens patients.

Le réseau social Second Life peut aussi vous permettre d’échanger avec d’autres patients, des proches de patients, ce qui peut être utile pour mieux comprendre ce qu’ont traversé les personnes qui vous ont accompagné, ou encore des soignants d’autres services. Vous y trouverez également de nombreuses interviews et les posts du comité « Les REAnimés », un groupe de patients dynamique qui saura vous accueillir !

Si vous souhaitez partager avec l’équipe LifeMapp les méthodes qui vous ont été utiles : n’hésitez pas !